Mur des expulsés de Billère, votation citoyenne contre la privatisation de la poste, accueil des gens du voyage. L'actualité des derniers jours, par delà les spécificités propres à chacun de ces événements, éclaire un enjeux, celui du « vivre ensemble », et pose au fond la question du choix de société que nous voulons.

La rentrée scolaire vient d'avoir lieu. Combien sont les enfants de l'école Gaston Phoebus à Pau, qui pensaient retrouver leurs copains aux prénoms venus d'ailleurs. Les chaises sont restées vides. Cette violence qui fait disparaître les écoliers du jour au lendemain est une honte pour notre République. La France de 2009 enferme des nourrissons en centre de rétention. Récemment, un Préfet vient de proposer à une famille en voie d'expulsion d'abandonner leurs enfants aux services sociaux français; n'y a-t-il pas d'autre façon de célébrer le 20 ° anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant ? Alors, face à cela, des citoyens s'organisent et se mobilisent. Par sa décision sur le « mur des expulsés », le Tribunal administratif de Pau a rappelé les règles de droit tout en envoyant un message fort sur le terrain des valeurs républicaines. La solidarité n'est pas un délit. Il ne s'agit pas uniquement de défendre la dignité des familles chassées. C'est bel et bien de nous tous dont il est question.
Samedi dernier, plus de deux millions de personnes ont participé à la votation citoyenne contre la privatisation de la Poste. En Pyrénées-Atlantiques, comme partout ailleurs, l'ampleur de la mobilisation a fait la démonstration de l'attachement des citoyens – confirmé par des enquêtes d'opinion publique - au service public de la Poste, et notamment au lien social unique qu'il joue.. La mobilisation va se poursuivre pour l’organisation d’un véritable débat public pour l’amélioration et le développement du service public. Dans la salle du Conseil municipal de Pau mis à disposition du collectif local contre la privatisation, j'ai vu des salariés, des jeunes, des retraités qui, ensemble, disaient la même chose : la Poste appartient à toutes et à tous, aucune modification du statut ne peut se faire sans l’organisation d’un référendum. Voilà d'ailleurs une belle leçon à retenir pour la gauche et les forces progressistes. Cette grande question de l'avenir du service public a fait prendre un sérieux coup de vieux au débat sur les primaires à gauche et les alliances au centre. La participation, beaucoup plus importante que prévue, à cette votation citoyenne montre qu'il est possible de rassembler à conditions de traiter des réponses aux préoccupations réelles. Les raisons de cette irruption populaire doivent vraiment faire réfléchir toutes celles et tous ceux qui à gauche cherchent à faire renaitre un espoir.
Cela demande du courage politique. Une vision claire des objectifs à atteindre. Se projeter dans l'avenir, c'est aussi ne rien oublier du passé. Certaines réactions sur l'accueil des gens du voyages sont véritablement insupportables. Nous ne pouvons accepter que ces familles se voient refuser le droit à un logement décent.
Notre société est aujourd'hui attaquée par la dureté et la brutalité de la politique engagée par N.Sarkozy et sa majorité. Cette société doute de sa capacité à s'ouvrir à l'Autre, à tendre la main à celui qui est différent, à celui qui souffre. Dans un tel climat, renforcé par des pratiques d'intimidation des forces les plus réactionnaires, des repères essentiels sont mis à mal. Gardons notre Humanité. Ne laissons pas salir les conquêtes sociales, démocratiques, culturelles de notre pays, empreintes des valeurs fondatrices de notre République -Liberté, Egalité, Fraternité-. Il ne faut rien lâcher. Restons vigilant dans chaque instant pour bien rester nous-mêmes.
Avec André Chassaigne, président de l'Association des élus communistes et républicains.
La France de 2009 enferme les nourrissons en centre de rétention, elle expulse les
parents. Récemment un Préfet vient de proposer en voie d'expulsion d'abandonner leurs enfants
aux services sociaux français : mais c’est certainement là une manière de célébrer le 20e
anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
La rentrée scolaire vient d’avoir lieu.
C’est un moment magique pour tous ceux qu’accueille l’école de la République, laïque, publique et
obligatoire. Pourtant combien d’entre eux, à l’école Gaston Phoebus par exemple, qui pensaient
retrouver après les vacances leurs copains aux prénoms venus d’ailleurs ont retrouvé une chaise
vide ?
Et combien d'autres demain ? Cette violence qu’impose la société française, aujourd’hui, qui
fait disparaître les écoliers du jour au lendemain, est une honte pour notre pays.
La France de 2009, c'est un ministre de l’intérieur qui ne profère pas de propos racistes mais qui
plaisante. Aujourd’hui, la solidarité est un délit et on discute du décret d’application d’une loi qui
impose des tests génétiques dans le cadre du regroupement familial. Bref, ce n’est pas la France
qu’on connaît. Ce n’est pas celle qu’on aime.
Je veux insister sur un point essentiel. Il ne s’agit pas uniquement de défendre la dignité des
familles dont le nom est inscrit sur le mur de Billère. Il s’agit de nous tous. De notre société et de
notre conception de l’intérêt général. De la continuité du pacte républicain, et de notre idée de la
liberté et du « Vivre Ensemble ». Nelson Mandela a dit un jour qu’être « libre, ce n’est pas
seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et qui renforce la
liberté des autres ».
Il n’aura échappé à personne qu’il plane un « léger » climat d’intimidation autour de la décision de
la ville de Pau au moment de soutenir le Maire de Billère. Que faire, Madame la Maire ?
Certainement pas céder à ces pressions.
Je veux rendre publiquement hommage à tous les militants associatifs qui se sont investis depuis
des semaines et des mois. C’est à leurs côtés que nous devons être pour décider de ce que nous
allons faire pour exprimer notre solidarité à l’exemple de Billère. Notre message doit être clair. Il
doit associer les valeurs républicaines, une certaine idée du « Vivre Ensemble » et la place des
enfants de toutes origines dans la Cité. Personnellement, je pense qu'une fresque murale, dans le
prolongement de celle de Billère, témoignerait de notre détermination à ne rien lâcher. Mais une
action d'une autre nature peut-être réfléchie.
De plus, Madame la Maire, je veux attirer votre attention sur l’existence d’une charte européenne
des droits de l’Homme dans la ville. Lancée à Saint-Denis, signée par plus de 400 villes, elle
décline à l’échelle de la commune un certain nombre de droits humains fondamentaux.
Notamment en ce qui concerne les personnes les plus vulnérables, et les étrangers. Ceux-là
même dont Aragon disait : « et nos frères, pourtant ».
Dans son dernier film que j’ai évoqué tout à l’heure, Robert Guédiguian revient sur un moment
important de Résistance. Mais son Armée du Crime est aussi le rêve d’une humanité réconciliée.
C’est l’exemple que nous devons suivre pour résister nous aussi à la régression de l’Etat de droit
en France, affirmer notre fraternité et notre solidarité avec tous contre la peur, contre le racisme,
contre l’injustice.
A tous les conseillers municipaux réunis ici ce soir, je fais la proposition de 