Olivier Dartigolles, porte-parole du pcf, élu municipal de Pau

Olivier Dartigolles

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Mot-clé - solidarité

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09 oct. 2009

Ne rien lâcher pour garder notre Humanité.

Mur des expulsés de Billère, votation citoyenne contre la privatisation de la poste, accueil des gens du voyage. L'actualité des derniers jours, par delà les spécificités propres à chacun de ces événements, éclaire un enjeux, celui du « vivre ensemble », et pose au fond la question du choix de société que nous voulons. Fte de l'HumanitŽ 2009

La rentrée scolaire vient d'avoir lieu. Combien sont les enfants de l'école Gaston Phoebus à Pau, qui pensaient retrouver leurs copains aux prénoms venus d'ailleurs. Les chaises sont restées vides. Cette violence qui fait disparaître les écoliers du jour au lendemain est une honte pour notre République. La France de 2009 enferme des nourrissons en centre de rétention. Récemment, un Préfet vient de proposer à une famille en voie d'expulsion d'abandonner leurs enfants aux services sociaux français; n'y a-t-il pas d'autre façon de célébrer le 20 ° anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant ? Alors, face à cela, des citoyens s'organisent et se mobilisent. Par sa décision sur le « mur des expulsés », le Tribunal administratif de Pau a rappelé les règles de droit tout en envoyant un message fort sur le terrain des valeurs républicaines. La solidarité n'est pas un délit. Il ne s'agit pas uniquement de défendre la dignité des familles chassées. C'est bel et bien de nous tous dont il est question.

Samedi dernier, plus de deux millions de personnes ont participé à la votation citoyenne contre la privatisation de la Poste. En Pyrénées-Atlantiques, comme partout ailleurs, l'ampleur de la mobilisation a fait la démonstration de l'attachement des citoyens – confirmé par des enquêtes d'opinion publique - au service public de la Poste, et notamment au lien social unique qu'il joue.. La mobilisation va se poursuivre pour l’organisation d’un véritable débat public pour l’amélioration et le développement du service public. Dans la salle du Conseil municipal de Pau mis à disposition du collectif local contre la privatisation, j'ai vu des salariés, des jeunes, des retraités qui, ensemble, disaient la même chose : la Poste appartient à toutes et à tous, aucune modification du statut ne peut se faire sans l’organisation d’un référendum. Voilà d'ailleurs une belle leçon à retenir pour la gauche et les forces progressistes. Cette grande question de l'avenir du service public a fait prendre un sérieux coup de vieux au débat sur les primaires à gauche et les alliances au centre. La participation, beaucoup plus importante que prévue, à cette votation citoyenne montre qu'il est possible de rassembler à conditions de traiter des réponses aux préoccupations réelles. Les raisons de cette irruption populaire doivent vraiment faire réfléchir toutes celles et tous ceux qui à gauche cherchent à faire renaitre un espoir.

Cela demande du courage politique. Une vision claire des objectifs à atteindre. Se projeter dans l'avenir, c'est aussi ne rien oublier du passé. Certaines réactions sur l'accueil des gens du voyages sont véritablement insupportables. Nous ne pouvons accepter que ces familles se voient refuser le droit à un logement décent.

Notre société est aujourd'hui attaquée par la dureté et la brutalité de la politique engagée par N.Sarkozy et sa majorité. Cette société doute de sa capacité à s'ouvrir à l'Autre, à tendre la main à celui qui est différent, à celui qui souffre. Dans un tel climat, renforcé par des pratiques d'intimidation des forces les plus réactionnaires, des repères essentiels sont mis à mal. Gardons notre Humanité. Ne laissons pas salir les conquêtes sociales, démocratiques, culturelles de notre pays, empreintes des valeurs fondatrices de notre République -Liberté, Egalité, Fraternité-. Il ne faut rien lâcher. Restons vigilant dans chaque instant pour bien rester nous-mêmes.

28 sept. 2009

Rendez-vous le 1° octobre au tribunal administratif de Pau.

Voici l'appel unitaire pour soutenir Jean-Yves Lalanne, maire de Billère. A diffuser très largement.

"Le 5 septembre 2009, nous étions nombreux devant le Mur des Expulsés à Billère, initiative du maire, Jean-Yves Lalanne. Ce mur portant une fresque graphique qui rappelle les expulsions de familles étrangères de notre département est un symbole fort du refus de voir s’accomplir sous nos yeux l’inacceptable : l’arrestation, l’enfermement, l’expulsion d’enfants et de leurs parents.

Suite à ça, le préfet des Pyrénées Atlantiques cite le maire de Billère devant le tribunal administratif de Pau sous plusieurs motifs, deux sur la forme et un sur le fond.

Notre présence à tous est essentielle pour dire une nouvelle fois que nous n’acceptons pas cette politique inique, indigne des valeurs républicaines de la France, et méthodiquement appliquée en notre nom.

Les signataires appellent l’ensemble des citoyens à venir soutenir le maire de Billère

JEUDI 1er OCTOBRE 2009 à 14 heures

Au tribunal administratif de Pau"

chassaigne_banderole_fede.jpg Avec André Chassaigne, président de l'Association des élus communistes et républicains.

18 sept. 2009

Solidarité, j'écris ton nom.

Mon intervention lors du conseil municipal du 17 septembre.

Madame la Maire,

Vous venez d’évoquer les réactions provoquées par l'inauguration de la fresque murale de Billère – en signe de solidarité avec les familles sans papiers expulsées ces derniers mois. Notre majorité municipale doit apporter son soutien à Jean-Yves Lalanne convoqué le 1er octobre devant le tribunal administratif. Au nom des élus communistes, je vous propose de décider ensemble, ce soir, d’une initiative en mémoire de ces femmes, ces hommes et ces enfants qui vivaient à Pau et qui en ont été chassés. Pour nous, ce serait une manière de continuer à défendre ces valeurs qui nous ont rassemblés dans cette salle lors des parrainages républicains. Que les choses soient claires en effet : la Liberté, l’Egalité, la Fraternité n’ont nul besoin d’autorisation préfectorale pour exister ici et maintenant ! Le maire de Billère le sait, nous le savons aussi. Tous les jours, l'État de droit régresse et un climat sécuritaire s’installe où chacun a peur de tous les autres. Comme l’a brillamment démontré Bertrand Rothé dans son livre Lebrac, trois mois de prison paru au printemps, si la Guerre des Boutons avait lieu aujourd’hui, ses héros, Petit et Grand Gibus, seraient condamnés à de la prison ferme. Quant à Missak Manouchian et à sa femme Mélinée, ces héros de la Résistance que le film de Robert Guédiguian fait revivre aujourd’hui, on les reconduirait à la frontière pour gonfler les chiffres du ministère de l’immigration et de l'identité nationale.armee_du_crime.jpg La France de 2009 enferme les nourrissons en centre de rétention, elle expulse les parents. Récemment un Préfet vient de proposer en voie d'expulsion d'abandonner leurs enfants aux services sociaux français : mais c’est certainement là une manière de célébrer le 20e anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. La rentrée scolaire vient d’avoir lieu. C’est un moment magique pour tous ceux qu’accueille l’école de la République, laïque, publique et obligatoire. Pourtant combien d’entre eux, à l’école Gaston Phoebus par exemple, qui pensaient retrouver après les vacances leurs copains aux prénoms venus d’ailleurs ont retrouvé une chaise vide ?fcpe_avion-mini.jpg Et combien d'autres demain ? Cette violence qu’impose la société française, aujourd’hui, qui fait disparaître les écoliers du jour au lendemain, est une honte pour notre pays. La France de 2009, c'est un ministre de l’intérieur qui ne profère pas de propos racistes mais qui plaisante. Aujourd’hui, la solidarité est un délit et on discute du décret d’application d’une loi qui impose des tests génétiques dans le cadre du regroupement familial. Bref, ce n’est pas la France qu’on connaît. Ce n’est pas celle qu’on aime. Je veux insister sur un point essentiel. Il ne s’agit pas uniquement de défendre la dignité des familles dont le nom est inscrit sur le mur de Billère. Il s’agit de nous tous. De notre société et de notre conception de l’intérêt général. De la continuité du pacte républicain, et de notre idée de la liberté et du « Vivre Ensemble ». Nelson Mandela a dit un jour qu’être « libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et qui renforce la liberté des autres ».mandela Il n’aura échappé à personne qu’il plane un « léger » climat d’intimidation autour de la décision de la ville de Pau au moment de soutenir le Maire de Billère. Que faire, Madame la Maire ? Certainement pas céder à ces pressions. Je veux rendre publiquement hommage à tous les militants associatifs qui se sont investis depuis des semaines et des mois. C’est à leurs côtés que nous devons être pour décider de ce que nous allons faire pour exprimer notre solidarité à l’exemple de Billère. Notre message doit être clair. Il doit associer les valeurs républicaines, une certaine idée du « Vivre Ensemble » et la place des enfants de toutes origines dans la Cité. Personnellement, je pense qu'une fresque murale, dans le prolongement de celle de Billère, témoignerait de notre détermination à ne rien lâcher. Mais une action d'une autre nature peut-être réfléchie. De plus, Madame la Maire, je veux attirer votre attention sur l’existence d’une charte européenne des droits de l’Homme dans la ville. Lancée à Saint-Denis, signée par plus de 400 villes, elle décline à l’échelle de la commune un certain nombre de droits humains fondamentaux. Notamment en ce qui concerne les personnes les plus vulnérables, et les étrangers. Ceux-là même dont Aragon disait : « et nos frères, pourtant ». Dans son dernier film que j’ai évoqué tout à l’heure, Robert Guédiguian revient sur un moment important de Résistance. Mais son Armée du Crime est aussi le rêve d’une humanité réconciliée. C’est l’exemple que nous devons suivre pour résister nous aussi à la régression de l’Etat de droit en France, affirmer notre fraternité et notre solidarité avec tous contre la peur, contre le racisme, contre l’injustice. A tous les conseillers municipaux réunis ici ce soir, je fais la proposition de signer la pétition contre le délit de solidarité. Elle dit « que nous avons soutenu, soutenons ou soutiendrons des étrangers en situation irrégulière pour préserver leurs droits, leur dignité ou leur intégrité physique, et que nous demandons à être solidairement poursuivis pour ce délit ». Je vous remercie.

09 juil. 2009

Sitti, Iradatie et Liuize

2.jpg

Cette photo a été prise hier, en fin d'après-midi, à Pau. Dans un lieu tenu secret jusqu'à la dernière minute. Face à L'objectif, Martine Lignière-Cassou, maire de Pau, André Duchateau, premier-adjoint, et moi-même. De dos, Iradatie, Liuize et Sitti, étudiante sur le campus palois, menacées d'expulsion depuis la fin de la semaine dernière. Vous ne voyez pas leur visage.

Lors du dernier Conseil municipal, j'avais fait la proposition d'un soutien de l'équipe municipale aux trois étudiantes comoriennes. Pas un simple communiqué, non, une rencontre. Pour leur dire qu'elles ont, comme nous, le droit d'être ici.

La rencontre n'a pas duré plus d'une dizaine de minutes. Elles sont reparties, prise en charge par un réseau militant qui honore les valeurs d'humanisme, de solidarité.

On ne lâchera pas. On ne lâchera rien. Rien. Je sais que cette obstination commence à agacer sérieusement la Préfecture. Qu'importe. Quand l'essentiel est en jeu, il faut se tenir debout. Les intimidations, comme l'autre jour pour le simple retrait d'un dossier de réexamen de demande d'asile, ne pèsent rien face à des convictions.

Sitti témoigne : « on veut juste poursuivre nos études. Je suis née aux Comores, mais toute ma famille vit à Mayotte. Et maintenant, on veut nous renvoyer aux Comores. Là-bas, tout le monde dit que Mayotte est une ile française. Et ici, on nous dit qu'elle fait partie des Comores...tout ce que nous voulons, c'est continuer nos études ». Sitti, comme Iradati, veut enseigner la géographie. Liuize préfère regarder vers l'urbanisme.

Elles se sont inscrites régulièrement à l'Université. Souhaitons que le jugement en appel les rétablisse dans leurs droits. D'ici là, c'est une vie de planque, d'angoisse. Une honte pour notre République. Et pour toutes celles et ceux, y compris à gauche, qui ont mis le doigt dans cet engrenage.

Puisse un jour – le plus tôt possible - ce blog vous présenter le visage de Sitti, d'Iradati et de Liuize. Car, c'est le visage de notre pays. Et quand, comme hier soir le temps d'une brève seconde, elles sourient, c'est le visage d'une espérance : celle d'un monde solidaire et juste.