Les gilets jaune : un signe de faiblesse pour la croissance économique française

Les protestations des “gilets jaune” en France ont anéanti les espoirs de voir l’économie poursuivre sur sa lancée récente.

La croissance ralentira de moitié ce trimestre, en partie à cause de l’impact des manifestations sur la production industrielle et l’activité de services, selon le rapport sur le climat des affaires de la Banque de France. Il y a à peine un mois, la banque centrale prévoyait une reprise du rythme de 0,4 % enregistré au troisième trimestre.

L’enquête est celle la plus complète à ce jour de l’impact économique des manifestations, puisqu’elle a interrogé 8 000 entreprises entre le 28 novembre et le 5 décembre.

Un ralentissement sera un autre coup dur pour Emmanuel Macron et exercera une pression supplémentaire sur les finances publiques. Ce mois-ci, M. Macron a cédé à la pression de l’opinion publique en faveur de l’abandon d’une augmentation de la taxe sur le carburant qui a déclenché le mouvement des gilets jaunes.

L’activité économique pourrait rebondir si les protestations s’apaisent dans un avenir proche, mais certains des secteurs les plus touchés – l’agriculture, la restauration et l’hôtellerie – ne rattraperont pas les pertes commerciales.

Malgré une révision à la baisse de ses estimations de croissance, la Banque de France n’a enregistré que peu de changement dans ses indicateurs de climat conjoncturel. Le secteur de l’industrie a chuté d’un point à 101 en novembre et les indicateurs des services et de la construction sont restés stables.

Le ministre français des Finances Bruno Le Maire a déclaré que les gilets jaunes sont une “catastrophe” pour les entreprises et les détaillants mis en garde de plus d’1 milliard d’euros (1,1 milliard de dollars) en perte de revenus, même avant les dernières manifestations le 8 décembre. Lundi, il a dit qu’ils réduiraient la croissance d’environ 0,1 pourcent ce trimestre.

Le ralentissement soudain est un autre signe d’avertissement pour la Banque centrale européenne lorsqu’elle se réunira jeudi pour discuter de nouvelles projections économiques et de la manière dont elle commencera à retirer ses mesures de relance initiée en 2008 après la crise.