Olivier Dartigolles, porte-parole du pcf, élu municipal de Pau

Olivier Dartigolles

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06 sept. 2016

Réussir l'accueil des réfugiés, les idées de haine ne gagneront pas !

Un bâtiment situé à proximité d'un centre d'hébergement devant accueillir des migrants, à Forges-les-Bains, dans l'Essonne, a été endommagé à la suite d'un incendie dans la nuit de lundi à mardi. Si l'origine du sinistre n'est pas encore connu, il est inadmissible de voir aujourd'hui la fachosphère sur les réseaux sociaux se réjouir ouvertement de cette tragédie. Les idées de haine ne gagneront pas !

refugees.jpgOui c'est l'honneur de notre pays d'accueillir, comme le prévoit le droit international, des populations que les guerres et les tragédies ont jeté sur les routes. A cet égard, il faut se féliciter de la présentation des nouveaux centres d'accueil Humanitaire à Paris et à Ivry-sur-Seine, dans lesquels les élu-es communistes ont joué un rôle déterminant pour qu'ils voient le jour. Les campements de fortune ne doivent plus être la norme pour débuter son parcours de demandeur d'asile !

L'expérimentation de cet accueil inconditionnel des migrants à Paris, porte de la Chapelle doit réussir. C'est possible. Pour cela, il faut que l’État s'engage beaucoup plus afin que notre capacité d'accueil en centre d'hébergement d'urgence se déploie efficacement sur tout le territoire national.

10 août 2016

Les odeurs nauséabondes ne devraient pas être diffusées par les médias publics

On ne peut que regretter les propos tenus sur France Télévision lors de la retransmission de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques et notamment ceux sur l'esclavage. Certains commentaires furent tout simplement racistes avec des considérations géopolitiques absurdes.

Parallèlement, France Inter a cru bon de réussir le tour de force d'inviter le vice-président du parti d'extrême droite FN pour parler du Front 3166488684_6b518c2469_b_2.jpgpopulaire. Seul intervenant politique pour une formation qui n'a pas été partie prenante de cet événement de l'histoire sociale et politique de France, c'est tout simplement scandaleux.

Le Parti communiste français invite le CSA à une extrême vigilance. Alors que notre pays traverse des moments douloureux, que notre société est menacée par des tensions, des divisions et des fractures. Les valeurs républicaines, le vrai pluralisme, la connaissance et l'information sont autant de remparts face aux odeurs nauséabondes.

« Il faut s’attaquer aux origines sociales de la violence »

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyr, pour le journal l’Humanité.

La France a été frappée cet été par deux nouveaux attentats. La polémique a suivi celui de Nice. Que pensez-vous de l'attitude et de l'hommage pluriel des habitants de Saint-Étienne-du-Rouvray suite à l'assassinat du père Hamel ?

Après un tel choc, alors qu’un nouveau palier a été franchi dans l'abomination, il ne faut pas oublier une chose essentielle : le but ultime des terroristes est le basculement dans la haine pour créer un processus de divisions allant jusqu'à l'affrontement. La population de Saint-Etienne-du-Rouvray a réagi de manière remarquable, dans le respect de tous. Je crois que les paroles du maire ont marqué les esprits. Alors qu'après le massacre de Nice, le débat public était monopolisé par les surenchères indécentes et indignes de la droite, Hubert Wulfranc a parlé de l'Etat de droit et de la prochaine rentrée scolaire. Ce n'est pas rien de parler de la réponse éducative dans un tel moment. Il a appelé au discernement, à prendre le temps de la réflexion.

Les solutions pour faire reculer les impasses sécuritaires, autoritaires et guerrières viendront aussi des territoires, des citoyens, des élus locaux, des associations. L'orientation de ces politiques publiques de proximité et les moyens pour les mener est une question essentielle.



Au milieu des dialogues entre croyants divers et non croyants, le pape est venu rappeler que le terrorisme n'a selon lui rien à voir avec l'islam. Il a également insisté sur le « dieu argent », à ses yeux vecteur d'un terrorisme contre toute l'humanité. Que pensez-vous de ces propos ?



J'ai lu très attentivement ces déclarations. Il faut le faire. Cela risque d'être un peu chaud les prochaines réunions à la curie romaine (sourire) car le pape, à chacune de ses interventions, livre un édito de l'Huma, un manifeste humaniste. Il y a du communisme quand il rejette l'idée de guerre de religion pour condamner une guerre des intérêts économiques, pour l'argent, les ressources naturelles, la domination des peuples ; quand il dit que la première forme de terrorisme, contre toute l'humanité, c'est celui du « Dieu argent », que le terrorisme s'épanouit quand il n'y a pas d'autres options. Il dit que l’on ne vaincra pas la haine par davantage de haine. C'est pas mal tout ça !



Le pape a depuis été la cible de personnalités d'extrême droite, et de droite. Tout au long de l'été, les pires discours ont été repris en boucle. Nadine Morano a parlé d'invasion arabo-musulmane. Nicolas Sarkozy a appelé à enfermer sur de simples soupçons... Que pensez-vous de la surenchère en cours ?



Surenchères oui, attisées par la compétition des primaires, mais qui dessinent un choix de société qui n'est pas celle dans laquelle nous vivons. Le problème, c'est que cette droite a été confortée et renforcée par l'exécutif au cours des derniers mois, et le 21 juillet dernier avec le vote sans débat d'une nouvelle loi « antiterroriste » qui en plus de la prorogation de six mois l'état d'urgence – ce qui est déjà très préoccupant – reprend des demandes de la droite, puisée dans le programme du FN, jusque là repoussées. Cela est d'une exceptionnelle gravité. Notre pays mérite mieux. Après une France abimée, il ne faudrait pas une France balafrée.



Cet enfermement constant vers le tout sécuritaire représente-t-il un danger pour l'Etat de droit, pour la démocratie, et aussi pour le climat dans le pays ?



Après Charlie, le gouvernement n'a pas voulu tirer le meilleur de ce que notre société et notre République sont capables. Après le 13 novembre, le débat sur la déchéance de nationalité a ouvert les vannes au pire. Cela a été mis en échec mais que de temps perdu. Après les derniers attentats, le pouvoir accentue ce qui jusque là n'a apporté aucune solution : un état d'urgence inefficace, une fuite en avant sécuritaire et guerrière, une politique d'austérité qui provoque des dégâts considérables pour les vies et les territoires. Ce terreau est favorable à la propagande de haine des terroristes.

Ca ne va pas mieux pour notre pays et c'est pourtant un chantier prioritaire pour faire reculer les menaces. Pas mieux quand on voit la dernière notre de conjoncture de l'INSEE, pas mieux avec les conditions de la mort du jeune Adama Traoré et le comportement inadmissible du parquet en réponse à une famille qui demande que la vérité soit faite, pas mieux avec les provocations du patronat, des annonces faites par Patrick Drahi pour SFR à la caissière de Auchan licenciée pour 85 centimes.



Que propose le PCF face au terrorisme, sur le plan national comme international ?



Le débat démocratique et pluraliste est légitime et ne peut plus être à ce point cadenassé et empêché. Nos groupes parlementaires ont fait des propositions qui tiennent non pas au renforcement de l'arsenal législatif après chaque attentat, mais à des moyens renforcés et adaptés pour la sécurité, le renseignement de proximité, la justice. L'exécutif et la droite ne parlent que de répression alors que tous les spécialistes de ces questions insistent depuis des mois, sans que leurs avis ne soient pris en considération, sur la prévention et la réinsertion. Rien ne sera réglé si on ne s'attaque pas aux origines sociales de la violence, c'est pourquoi le secrétaire national du PCF a proposé de déclarer un état d'urgence social afin de stopper les politiques d'austérité en déployant des moyens sans précédent de l'Etat et des services publics dans tous les territoires de la République. Il y a tant besoin d'éducation et de culture, de politiques publiques de solidarité et de justice sociale, notamment en direction de la jeunesse des quartiers populaires.

Il faut dans le même temps réaffirmer, avec plus de force et de constance, que la paix est la solution. La France doit changer en profondeur sa politique internationale pour bâtir la paix, apporter des solutions pacifiques et politiques durables au Proche-Orient et en Afrique, sous maîtrise del’ONU. Début juin, lors d'une grande initiative « pour une conférence mondiale pour la paix et le progrès », à l'initiative du PCF, on a pu mesurer les attentes et les possibles. Cette bataille doit redevenir un axe prioritaire car il conditionne tout le reste. Agissons pour une solidarité active en direction des démocrates et des progressistes en Turquie.



Comment le PCF prépare-t-il la rentrée politique alors que se profilent la présidentielle et les législatives de 2017 ?



Pierre Laurent s'exprimera lors de l'université du PCF qui se tiendra à Angers du 26 au 28 août. Cette intervention sera importante pour la prochaine période. La grande consultation citoyenne est plus que jamais l'outil qui permet d'écouter et d'échanger, de mieux se comprendre, d'ouvrir les réflexions sur de vraies solutions. Quasiment systématiquement, les personnes qui ont consacré une vingtaine de minutes pour répondre au questionnaire nous disent « merci »...

Pour 2017, il n'y aura pas de raccourcis, de « sauveur », de formule miracle... Les décisions prises par le PCF lors de son dernier Congrès priorisent l'intervention citoyenne, l'irruption dans le paysage politique d'un mandat populaire. La prochaine Fête de l'huma en sera le cœur battant. Ca va se voir...et surtout se vivre partout dans les allées, les stands, les débats.

Ce mandat populaire trouvera sa traduction dans un pacte d'engagements communs puis d'une votation citoyenne partout dans le pays. Je mesure bien que cette façon de faire ne rentre pas dans la manière dont la présidentielle se présente. Raison de plus car le présidentialisme et tout ce qu'il provoque est un verrou au changement et à un récit émancipateur qui dépasse 2017.

La droite et le FN peuvent être mis en difficulté et être battus en 2017. Le simple fait de fixer cet objectif est une bouffée d'oxygène face aux « fatalités » qui prive notre peuple d'imaginaire et d'espérance. Tout va dépendre d'une question qui conditionne tout le reste : l'espoir et sa traduction en terme de rassemblement populaire et citoyen. Il va falloir oser, dans des conditions certes difficiles, une nouvelle espérance progressiste, un nouvel optimisme, sans nier la complexité des réalités, mais tout en ne sous estimant pas les ressources considérables qui peuvent être mobilisées.

Le premier ministre, Manuel Valls, souhaite "reconstruire l'islam de France". Quelle est la position du PCF sur cette question ?



Valls est un incendiaire. On ne le découvre pas. Le festival des idées lancées pour l'organisation de l'islam de France a pour effet de jeter la suspicion sur l'ensemble des musulmans, « sommés de réagir ». Le premier ministre fait de nouveau une très grave erreur. La seul façon de résister, de s'opposer fermement aux terroristes est de ne renoncer, même transitoirement, à aucun de nos grands principes républicains. La réponse de l'Etat est donc la laïcité et rien d'autre, une laïcité plus que jamais moderne, encore faut-il bien s'entendre sur ce que cela veut dire. Il y a aujourd'hui, quand il est question de ces enjeux, trop de réduction, de simplification et d'approximation. La première victoire pour nous, face aux lâches assassins qui voudraient la guerre de religion comme première étape d'une guerre civile, est la démocratie, la République, la laïcité pour continuer à « faire société ensemble ».

03 août 2016

SFR : Patrick Drahi doit rendre des comptes sur l'utilisation des millions d'euros touchés au titre du CICE

Alors que SFR prépare une "réorganisation", dès cet automne, menaçant directement 5000 postes, soit 1/3 des effectifs, le gouvernement vient de rappeler à Patrick Drahi ses engagements en terme d'emploi et d'investissement. On n'a pas attendu les dernières annonces pour avoir une idée très claire sur la "valeur" de la parole et des engagements de P.Drahi. En 2014, lors du rachat de SFR par Altice, l'emploi devait être maintenu. Depuis, 1200 postes ont été supprimés. Dans le même temps, le groupe Altice a réalisé un chiffre d'affaire de 17,4 milliards d'euros en 2015.

drahi.jpgUne nouvelle fois, la question posée est celle d'une certaine morale, d'une éthique, du respect des engagements pris. De Gattaz à Bolloré, de Ghons à Drahi, la même cupidité et le même cynisme suivi des sempiternels "rappels" du gouvernement sur lesquels le patronat s’essuie les pieds. Le "compromis historique" proposé par Hollande au patronat au cours de ce quinquennat est un gigantesque fiasco. Ça ne va pas mieux. Cela ira mieux quand ça ira bien pour les salariés.

Et il faudrait que cela n'aille pas aussi tranquillement pour P.Drahi qui doit aujourd'hui rendre des comptes sur l'utilisation des millions d'euros versés au titre du CICE.

28 juil. 2016

Propos homophobes du cardinal André Vingt-Trois, les cœurs des hommes ne saignent-ils pas assez ?

Propos homophobes du cardinal André Vingt-Trois, les cœurs des hommes ne saignent-ils pas assez ?

Lors de la messe du mercredi 27 juillet, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, en hommage au prêtre Jacques Hamel, le cardinal André Vingt-Trois s'est exprimé. Au regard des circonstances, nous ne pouvons que regretter et dénoncer tout ce qui peut blesser. Les cœurs des hommes ne saignent-ils pas assez ?

Au cours de son homélie, le cardinal a parlé du "silence des élites devant les déviances des mœurs et légalisation des déviances». Ces propos, clairement homophobes, sont contraires au message de tolérance adressé par la grande majorité des responsables religieux des différents cultes en France.

En ces moments douloureux, où les terroristes propagent la haine de l’autre et tentent de fracturer notre société, seule la fraternité et le respect pour toutes et tous doit nous réunir.

26 juil. 2016

L'horreur a de nouveau frappé à Saint Etienne du Rouvray.

L'horreur a de nouveau frappé avec le lâche et abominable assassinat de Jacques Hamel, le prêtre de l'église de Saint Etienne du Rouvray. Nous adressons nos pensées à la famille, à la communauté catholique, à la population de Saint Etienne du Rouvray, à son maire, Hubert Wulfranc.

Face à cette nouvelle tragédie, notre pays est confronté à un immense défi : vaincre Daech, assurer une meilleure sécurité pour nos concitoyens dans un état de droit, faire grandir dans notre société, par l'intervention populaire et citoyenne, les valeurs de solidarité et de progrès pour tous.

Un grand débat national s'impose pour décider de l'orientation des politiques publiques à mettre en œuvre. Que les polémiques cessent immédiatement pour laisser place au discernement, à la connaissance, à la compréhension.

Que les petits jeux politiciens et les surenchères irresponsables s'arrêtent pour un débat démocratique allant au fond des questions afin de mieux agir.

21 juil. 2016

Fermeture ou privatisation : Alain Vidalies acte la mise à mort des trains de nuit.

Le secrétaire d’état aux transports, Alain Vidalies, a présenté ce matin les projets du gouvernement concernant les trains d'équilibre des territoires. Les trains de nuit sont au cœur de ce démantèlement du service public ferroviaire.

La décision de l’Etat est de ne plus financer l'exploitation de six lignes de trains de nuit. Quatre d’entre elles fermeront dès le 1er octobre 2016, si aucun opérateur privé ne veut les reprendre et que les régions concernées ne les financent pas. Pour justifier ce désengagement total, le secrétaire d’état au transport précise d’une part que ces lignes bénéficient d'offres alternatives de mobilité de bon niveau, et d’autre part que la fréquentation des trains de nuit est en baisse de 25% depuis 2011, et représente 25% du déficit des Trains d’équilibre des territoires.

imagesTET.jpgLes trains de nuit, comme les trains d’équilibre du territoire, véritables épine dorsale de l’aménagement du territoire, garants de l’égalité d’accès au transport et répondant à des enjeux écologiques d’avenir fixés lors de la COP21 à Paris en décembre 2015, sont pourtant un des éléments d’une nouvelle politique ferroviaire publique d’avenir.

Nous refusons le choix imposé par le gouvernement concernant les trains de nuit, à savoir la privatisation ou la disparition. Les trains de nuit, ce sont 6 lignes et près de 75 millions de recettes cumulées pour 1,2 millions de passagers et un taux d’occupation de 38 % à 54 %. Les transports ferroviaires de passagers comme de marchandises doivent redevenir de grands services publics développant un maillage national du territoire ambitieux et utile aux besoins des usagers et des populations.

En mai dernier, le Parti communiste français a présenté un manifeste pour un grand service public ferroviaire d’avenir, pour redonner au rail toute sa place. Des solutions d'avenir existent. La modernité, c'est le train, et non le développement des trajets en bus.

17 juil. 2016

Nous marchons sur un fil.

Après l'effroi et la douleur, la sidération et ces mots incapables d'exprimer l'indicible barbarie, comme après Charlie, le Bataclan et les terrasses de café ensanglantés, Magnanville, vient le temps de la connaissance et du discernement. Eteindre les chaînes d'infos et aller chercher ailleurs l'indispensable respiration pour ne pas quitter des yeux l'essentiel.

Le seul état d'urgence qui peut véritablement nous protéger est celui qui consistera à mettre "l'Etat islamique" hors d'état de nuire en faisant reculer, dans le monde et les têtes, ce qui a fait naître et grandir le monstre : les logiques de guerre et de chaos, les dominations, les injustices, un "ordre planétaire" pour toujours plus de désordres et d'inégalités. Sans oublier l'argent et le pétrole des terroristes...

Nous marchons sur un fil. L'objectif ultime des terroristes est un climat de guerre civile, en misant sur les peurs et les haines, les stigmatisations et les divisions. Minée par les inégalités et les frustrations, notre société, fracturée, est déjà si fragile qu'un basculement fatal peut se produire.

Nous marchons sur un fil avec des institutions à bout de souffle, une démocratie sociale et parlementaire piétinées, un horizon désastreux pour 2017, avec un improbable remake du casting de 2012, avec un FN répondant aux attentes des terroristes : le rejet en France des musulmans pour mieux alimenter la propagande djihadiste sur la persécution d'une partie de la population.

Nous marchons sur un fil avec une gauche appauvrie dans sa lecture du monde, dans sa capacité à faire le récit des ruptures et des transformations nécessaires pour un monde et une société réparés et apaisés.

Nous marchons sur un fil qu'il nous faut maintenir tendu, pour d'abord comprendre pour bien agir, pour conserver intacte une capacité de veille et d'action face aux dangers et aux régressions.

Que la prochaine Fête de l'Humanité soit le carrefour géant des solidarités et d'une fraternité que les terroristes et les incendiaires veulent rayer des cœurs humains.

30 juin 2016

Indignation après la condamnation des lanceurs d'alerte Antoine Deltour et Raphaël Halet

C’est avec indignation que nous avons appris aujourd’hui la condamnation du lanceur d’alerte français Antoine Deltour par la justice luxembourgeoise à 12 mois de prison avec sursis, et 1500€ d’amende.



Antoine Deltour avait permis par son action de lancer une réflexion d’envergure autour des pratiques de concurrences agressives et déloyales en halet_deltour.jpgmatière fiscale de plusieurs entreprises européennes.

Raphaël Halet, autre lanceur d’alerte est condamné à 9 mois de prison avec sursis et 1000€ d’amende, tandis que le journaliste Edouard Perrin est acquitté.



Le PCF apporte tout son soutien à Antoine Deltour et Raphaël Halet, et réaffirme avec force son engagement pour une meilleure justice fiscale au sein de l’Union Européenne.

26 juin 2016

Meeting de la Fête Offensive

Interview Fête Offensive

Peut-on encore parler de progrès social ?

Retrouvez ici mon intervention lors de la Fête Offensive dans le cadre du débat intitulé "Peut-on encore parler de progrès social ?"

25 juin 2016

BREXIT : L'ampleur du désaveu doit conduire à la refondation de l'UE

Déclaration de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, Président du PGE

Les citoyens britanniques viennent de voter à 51,9 % pour sortir de l'Union européenne. C'est un nouveau choc révélateur de l'ampleur du désaveu populaire vis à vis de l'UE néolibérale. Le temps est venu de refonder l'UE, de construire une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, tournée vers le progrès humain et la justice sociale. Cette nouvelle Union, et les nouveaux traités qu'elle appelle, doivent se construire sous le contrôle des peuples européens.

telechargementnnjkjk.jpgLe déni répété de cette exigence depuis le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen jusqu'au coup d’État financier contre la Grèce, a conduit l'Europe dans le jusqu'au-boutisme libéral et donné des ailes à l'extrême droite. La stratégie de David Cameron et l'accord passé avec la Commission européenne ciblant les populations immigrées ont libéré les forces les plus xénophobes au Royaume Uni. Même dans sa formation politique, Cameron a été pris à son propre jeu. Pour les classes populaires britanniques, le changement de gouvernement qui s'annonce à l'automne, encore plus à droite, veut dire plus d'austérité, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société. Nous refusons le faux dilemme imposé par les partisans de l'austérité, entre l'enfoncement dans la crise sociale et l'autoritarisme, ou la dislocation sur fond de rivalités nationalistes. Il y a une autre option, celle de la reprise en main du projet européen par la gauche. Une lutte cruciale pour notre avenir à tous est engagée entre la droite ultralibérale de Boris Johnson alliée à l’extrême droite de Marine Le Pen et l'alliance de toutes les forces de gauche et de progrès qui refusent l'austérité. Nos regards se tournent vers l'Espagne, ou le résultat de dimanche pourrait 13438786_1138243402888235_4588030853498502851_n.pngouvrir un espoir dans le camp progressiste. Les communistes français seront plus que jamais au côté des peuples, de la gauche du Royaume Uni et d'Irlande, dans la période complexe et instable qui s'ouvre. Avec nos alliés, nous travaillerons sans relâche à la construction de l'Europe du développement social, économique et écologique, respectueuse des souverainetés nationales.

La campagne présidentielle et législative de 2017 doit être l'occasion d'un grand débat populaire sur la politique de la France en Europe. Il n'y a rien à attendre de Hollande et Sarkozy qui ont été les artisans de l'Europe austéritaire. La question du changement politique à gauche, dans un grand pays comme le nôtre se pose plus que jamais. Le PCF entend y contribuer dès maintenant, en construisant un pacte d'engagements commun qui contienne une politique concrète et offensive pour un gouvernement de la France qui soit au combat sur la scène européenne.

19 juin 2016

« Le seul objectif de la primaire du PS est de sauver le soldat Hollande »

''__ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JULIA HAMLAOUI POUR L'HUMANITE__''

Le porte-parole du PCF estime que le « dispositif cadenassé jusque dans le calendrier » présenté par la direction du PS en vue de 2017 vise à « imposer coûte que coûte » la candidature du président de la République. En retour, le PCF entend « maintenir de manière résolue l’idée que rassembler la diversité à gauche pour une politique de transformation est la meilleure manière de ne pas se voir imposer un second tour droite-FN ».

Comment percevez-vous la décision du conseil national du PS finalement favorable à une primaire pour 2017 ?

Olivier Dartigolles C’est à nouveau l’illustration d’une direction du PS et d’un clan gouvernemental aux abois. Ils ont été obligés de reconnaître qu’existe la demande d’un autre chemin que celui pris par la politique actuelle. Mais leur réponse consiste à présenter, plus qu’une primaire, un dispositif non seulement interne au PS et à ses deux satellites (les radicaux et les écologistes pro-gouvernement, NDLR) mais aussi cadenassé, jusque dans le calendrier qui renvoie à janvier 2017, pour imposer coûte que coûte François Hollande à la prochaine présidentielle malgré le rejet, partout dans le pays, à la fois de sa politique et de sa candidature. La direction du PS a soufflé le froid puis le chaud, avant de tenter ce dispositif de la dernière chance dont le seul et unique objectif est de sauver le soldat Hollande.

L’annonce de cette primaire a-t-elle un impact sur la démarche de rassemblement que vous avez-vous-même engagée ?

Olivier Dartigolles Cela ne peut que nous encourager, après nos décisions de congrès, à une mise en mouvement très offensive ces prochaines semaines. Le PS avec son dispositif entend accréditer l’idée des « deux gauches irréconciliables » (avancée à plusieurs reprises par Manuel Valls, NDLR) selon laquelle l’une, défendant l’orientation politique actuelle, serait apte à gouverner tandis que l’autre, la gauche de transformation, aurait pour seul horizon de manifester et de s’opposer. Or nous, nous voulons une politique de transformation qui accède au pouvoir. C’est pourquoi nous lançons la rédaction d’un pacte d’engagements communs avec toutes les forces disponibles pour définir les grands axes d’une politique de gauche de transformation à vocation majoritaire. La clé de l’avenir réside dans l’intervention directe du peuple, des femmes et des hommes mobilisés contre la loi El Khomri , du bataillon des abstentionnistes, de celles et ceux qui ont partagé et animé l'espoir incarné par le Front de gauche, des électeurs de François Hollande du premier tour de 2012 qui cherchent une issue à gauche, des écologistes . Alors que Jean-Christophe Cambadélis a fait l’aveu coupable qu’il ne voulait pas d’une primaire citoyenne mais recroquevillée sur les sympathisants PS en annonçant une participation bien en deçà de celle de 2011, nous, nous voulons que le peuple s’empare pour de vrai des échéances de 2017, législatives et présidentielle. Nous allons nous investir fortement dans notre Grande consultation (un questionnaire que le PCF souhaite soumettre à 500 000 personnes et dont les réponses doivent contribuer à la rédaction du ‘’pacte d’engagements’’ pour 2017, NDLR), et dans l’organisation d’une votation citoyenne avec un haut niveau de participation une fois que ce pacte d’engagements communs sera couché sur le papier, début octobre.



Mais pour l’écriture de ce « pacte d’engagements communs » comme pour trouver une candidature de rassemblement, vous vous adressiez également aux frondeurs du PS…

Olivier Dartigolles Le PCF maintient de manière résolue l’idée que rassembler la diversité à gauche pour une politique de transformation est la meilleure manière de ne pas se voir imposer un second tour droite-FN. On ne lâchera rien sur l’interpellation et l’invitation au débat de l’ensemble des forces et des personnalités disponibles, selon nous, pour une gauche de transformation au pouvoir. Nous maintiendrons une main tendue et une proposition de construction politique commune. Nous l’avons dit au congrès nous voulons travailler avec les courants de transformation sociale et les courants réformistes s’ils sont d’accord pour une rupture avec la politique actuelle. Nous continuerons. Mais, encore une fois, ce qui semble être la clé de l’avenir, par delà cette interpellation, c’est l’intervention populaire et citoyenne. Si l’idée d’une convergence du plus grand nombre, de la diversité à gauche, autour de propositions en rupture avec la politique actuelle disparaissait totalement des radars, c’est à coup sûr un second tour droite-FN. Seul le PCF est en mesure aujourd'hui de parler et d'échanger avec des forces politiques et sociales très larges, comme on a su le faire avec les "lundis de gauche". On va donc avancer dans cette direction et le faire vraiment, partout dans le pays.

09 juin 2016

« Basta la grande coalition anti syndicalistes et anti grève !»

Entre Nicolas Sarkozy, Michel Sapin et Valérie Pécresse, un seul et même adversaire : la grève. Pour la présidente de région Île-de-France « une minorité prend en otage »; le ministre des Finances juge que « cette grève n'a plus aucun sens » ; Quant à l'ancien Président de la République, il dénonce « la tyrannie des minorités ». N'en jetez plus, la coupe est pleine.

Basta la grande coalition anti syndicalistes et anti grève ! Faut-il rappeler une nouvelle fois que le droit de grève est un droit txxxxxxxent.pngconstitutionnel. Vouloir la faire cesser, c'est fouler aux pieds un droit fondamental pour chaque salarié. Il existe un bon moyen d'en finir avec le conflit social en cours. Je demande à Valérie, Michel et Nicolas de se concentrer même s'il tient en peu de mots : « Retrait de la loi Travail ».

Toutes ces sirènes, ce tintamarre se fracasse sur une réalité, c'est le gouvernement, par son acharnement et sa surdité, qui bloque le pays.

06 juin 2016

Le PCF choisira son candidat après « une votation citoyenne ».


Le PCF choisira son candidat après « une... par publicsenat

La matinale de Public Sénat

J'étais ce matin l'invité de l'émission "Territoires d'infos", sur Public Sénat.


Invité : Olivier Dartigolles - Territoires d... par publicsenat

04 juin 2016

"Pour la France, un projet politique de gauche porté par un front populaire et citoyen"

Mon introduction, lors du 37ème congrès du PCF, pour introduire les débats concernant le texte intitulé "Pour la France, un projet politique de gauche porté par un front populaire et citoyen"

Le texte proposé a été enrichi et clarifié. La commission, qui a travaillé au cours des dernières semaines, et je tiens à remercier les camarades qui ont contribué à cette rédaction collective , a tenu compte de trois réalités :

− d'abord au regard du vote des communistes pour choisir le texte discuté et amendé pour notre Congrès national. Nous nous inscrivons avec une démarche politique qui a été engagée au cours des derniers mois.

− Puis du débat des communistes. Par delà les votes pour un texte, ou pour un autre, au delà de nos sensibilités, qui sont l'expression d'une indispensable vie démocratique, les échanges dans nos sections puis lors des conférences fédérales, les amendements et des vœux dont nous avons été saisis, ont exprimé une série d’attentes mais aussi des préoccupations. Cela c'est traduit par une demande de « clarification » sur le processus proposé pour 2017. Le texte proposé y répond. Notre volonté est le rassemblement des communistes.

− Le troisième élément est une indispensable réactualisation du texte, qui a été écrit au début de l'année. Il y aura peut être des choses à réfléchir et à inventer sur la manière d'élaborer une base commune. Nous étions alors dans un climat politique etIMG_0558.JPG idéologique dominé par la révision constitutionnelle et la déchéance de nationalité, les peurs et les haines. Aujourd'hui, et après l'avoir tant souhaité, c'est le grand retour de la question sociale et, avec elle, l'irruption de la jeunesse et du monde du travail. L'opposition à la loi El Khomri porte loin, car elle pose la question du choix de société, elle réveille les imaginaires et les possibles.

Avec la commission du texte, je vous propose, ce qui nous a semblé le plus efficace pour introduire notre débat, de pointer les questions essentielles et d'exposer, pour chacune d'entre elles, les enjeux du débat. Nous ne sommes pas aujourd'hui dans un travail classique d'amendements mais bien dans une discussion d'ordre politique. Et c'est très bien ainsi. Nous avons des décisions à prendre, pour, dès lundi, être en situation d'agir, nationalement et à l'échelle de nos territoires.

Le nouveau titre du document, « Pour la France, un projet politique de gauche porté par un Front populaire et citoyen » répond à une double attente : ne pas faire un arrêt sur image sur 2017, regarder plus loin et dire notre démarche, dans la durée, à différents niveaux et pas uniquement pour les élections de 2017.

De la ligne 3 à la ligne 74, nous décrivons, à grands traits, la période actuelle, faite de dangers, que nos derniers congrès avaient identifié, ils sont aujourd'hui non pas une perceptive inquiétante mais une réalité ; et des potentialités, des ressources inédites pour y faire face et prendre un autre chemin. Avec une situation politique et sociale très évolutive, et alors que nos débats préparatoires ont, au final, peu porté sur le préambule du texte, notre Congrès doit débattre de cette tension permanente, entre périls et possibles. Il est question dans les premiers paragraphes de la recomposition politique. Elle s'accélère. Avec une forte contradiction : « d'un coté, la rupture populaire à gauche avec le pouvoir Hollande-Valls paraît irréversible. De l'autre, ce désaveu massif et justifié débouchera inévitablement, si une nouvelle réponse progressiste et rassembleuse n'est pas construite, sur une victoire de la droite et de l'extrême-droite ».

Comment y répondre ? Nous appelons à un nouveau Front populaire et citoyen. Avec quelle démarche de rassemblement ? En s'appuyant sur l'expérience du Front de gauche. Ayons le débat. Un très grand nombre de communistes attendent de notre congrès ce travail, non pas d’introspection, mais tout simplement d'évaluation de la mise en œuvre de nos choix stratégiques. Le texte y invite (lignes 84 à 102). Avec l'ambition de disputer le leadership idéologique, politique et culturel à gauche, dès la création du Front de gauche, on a réussi à créer du commun, à faire se lever une espérance politique. Ce qui est vrai aussi, c'est que des débats n'ont cessé de traverser ce rassemblement : son rapport à la gauche et aux alliances à gauche, sa vocation majoritaire, ou encore son caractère collectif et démocratique qui n'a malheureusement pas été respecté.

Sans sous-estimé les difficultés, passées et présentes, nous restons attachés au Front de gauche. Prenons bien la mesure que, pour des millions, qu'ils aient voté pour nous ou pas, ce rassemblement a fait naître un immense espoir. On peut, légitimement, IMG_0549.JPGéprouvé un sentiment de peine et de gâchis. Le texte propose donc de ne renoncer à rien, et de redéployer la démarche du Front de gauche dans un mouvement plus large, plus populaire et plus citoyen.

Nous sommes dans un tournant de l'histoire politique de notre pays, c'est pourquoi notre Congrès est face à une grande responsabilité : proposer une initiative de rassemblement comme nous avons su le faire par le passé. Le nouveau Front populaire auquel nous appelons est à la fois fait de mobilisations sociales, de constructions citoyennes et d'alliances avec des courants transformateurs et réformistes prêts à agir avec nous pour un projet de transformation sociale. Ces trois niveaux nourrissent une seul et même démarche : rassembler les forces de gauche et de l'écologie politique , les forces syndicales, le mouvement social, le monde du travail et de la création pour ouvrir un chemin neuf d'espoir, pour écarter le danger de la droite et de l'extreme droite, et, comme nous l'indiquons à la ligne 111, pour construire une nouvelle politique. C'est une question politique importante, une ambition à vocation majoritaire ou pas car, selon la réponse donnée à cette question, nous ne sommes pas face aux mêmes enjeux.

Au cours des travaux préparatoires à notre Congrès, la nature de l'évolution de la social-démocratie et la manière dont nous y répondons à fait débat. Le texte traite de cette question (ligne 115 à la ligne 136). Face à la profondeur de la crise, le compromis social démocrate est de plus en plus impuissant. Les dirigeants socialistes français épousent les thèses libérales dominantes en Europe. Cela provoque une fracturation inédite au sein du PS. Ici est en jeu une recomposition politique qui ouvrirait la voie à de nouvelles coalitions politiques porteuses de projets de régressions sociales et démocratiques de grande ampleur. Dans de telles conditions, un nouveau dialogue est nécessaire et possible à gauche, on a pu le vérifier de manière précise avec « les lundis de gauche », ou encore avec le ralliement inédit de parlementaires socialistes au dépôt d'une motion de censure de gauche.

Nous réaffirmons ( ligne 137 à 178) que nous voulons d'abord une majorité populaire unie pour un nouveau projet en ouvrant une discussion politique avec notre peuple. « Que demande le peuple ? » Avec la grande consultation citoyenne, nous proposons d'écrire à des milliers de mains un mandat populaire pour 2017.

De la ligne 179 à 236, nous présentons les enjeux, décisifs, des prochaines élections législatives. Depuis 2012, le groupe de la gauche démocrate et républicaine a réalisé un travail considérable. Notre pays a besoin d'un Parlement fort. Nous avançons des propositions précises dans la perspectives d'une 6 eme République. Plus tôt les communistes s'engageront dans les législatives, plus nous réduirons le risque d'une présidentielle possiblement ravageuse pour notre peuple et la démocratie. Ces élections législatives sont donc un temps électoral déterminant pour l'existence nationale, pour le développement du PCF et sa stratégie de rassemblement. L'enjeu est également très important pour notre représentation au Sénat.

J'en viens à l'élection présidentielle qui a été la question la plus débattue et sur laquelle les demandes de clarification étaient les plus fortes et les plus exigeantes.

Nous proposons de faire grandir une démarche collective, populaire et citoyenne pour qu'un-e candidat-e de gauche puisse représenter les intérêts et les aspirations populaires dans cette échéance, qu'il puissent rassembler cette majorité de la gauche et du peuple en attente d'une perpective de changement profond et durable. C'est vrai, c'est un objectif politique de haut niveau. Comme le précise le texte, l'idée se répand selon laquelle il n'y aurait rien à attendre de la prochaine élection présidentielle. C'est une erreur politique sur fond de fatalisme.

Venons-en au processus que nous proposons et que nous pouvons engager dès le début de la semaine prochain si le congrès le décide.

1 eme étape : nous appelons au rassemblement dans un pacte d'engagements communs de toutes les forces populaires, sociales et politiques, qui veulent remettre la France sur la voie du progrès social et de la démocratie, et reconstruire pour cela une gauche porteuse d'espoir. Il unira les citoyens qui s'engageront dans sa construction et sur lequel pourra se construire une candidature commune à l'élection présidentielle. Ce pacte d'engagements communs pourrait être rédigé d'ici le mois d'octobre. Pour le construire, nous appelons au débat populaire partout dans le pays, comme nous le proposons avec la grande consultation citoyenne. Nous encourageons toutes les initiatives visant à favoriser l'implication citoyenne. Nous nous adresserons, si le congrès le décide, dès lundi, à toutes les forces politiques et sociales, tous les candidats déclarés susceptibles de converger pour un tel cap, à mettre les idées sur la table, à les confronter dans le débat public, car pour IMG_0512.JPGl'instant ce débat n'a pas été engagé et c'est bien là le problème.

Etape 2 : nous proposons que ce pacte d'engagements communs soit soumis à l'automne à une votation citoyenne nationale, il deviendra ainsi le mandat populaire pour 2017. Si nous le décidons, l'organisation de cette votation citoyenne sera un événement politique considérable qui redistribuera les cartes de la prochaine présidentielle en permettant, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, que les forces populaires et citoyennes s'en empare, refusant le statut qui leur est assigné : rester spectateurs d'écuries et de batailles d'égo. La votation citoyenne aurait une force, une efficacité bien plus importante qu'une réunion nationale des organisations qui soutiennent la démarche, que des Assises ou des Etats généraux. Nous ne sous estimons pas l'engagement politique et militant pour réussir cette votation citoyenne nationale. Oui, c'est un objectif politique très ambitieux mais c'est à cette échelle là, pas en decà, que ce situent aujourd'hui les enjeux.

Etape 3 : les forces engagées dans la rédaction de ce pacte et dans l'organisation de la votation citoyenne auraient alors la responsabilité de désigner un-e candidat-e commun à l'élection présidentielle. Si plusieurs candidats issus de ces forces sont disponibles, une primaire citoyenne ou toute autre forme de processus citoyen de désignation pourrait les départager. Si tel était le cas, le PCF est prêt à engager un communiste dans ce processus. Il ne faut pas oublier que l'idée de primaire – je dis idée car il en a était beaucoup question mais il n'y a pas aujourd'hui de primaires- est née au lendemain de la décision de F.Hollande d'inscrire la déchéance de nationalité dans la constitution. Les appels alors publiés exprimaient deux choses, d'abord un réquisitoire contre la politique de Hollande/Valls, que cela ne pouvait plus durer, et que F.Hollande ne pouvait pas être le candidat naturel de la gauche. C'est pour ces deux raisons que Hollande/Valls et la direction du PS ont tout fait pour empêcher tout processus collectif et citoyen et que, pour ce qui nous concerne, nous avons appelé au débat à gauche.

Je veux, pour conclure, parler du périmètre politique, qui a fait débat, et du calendrier, qui peut inquiéter.

La candidature de gauche pour l'élection présidentielle ne peut évidemment en aucun cas être celle de Francois Hollande ou un autre représentant de la même politique, soutenue, depuis 2012, par la direction du parti socialiste. Notre périmètre, c'est le rassemblement de toutes les composantes de la gauche – politique, syndicale et associative – qui veulent une alternative à la politique gouvernementale. C'est aussi pourquoi, nous regrettons les trop nombreuses candidatures annoncées à gauche. Nous regrettons les conditions dans lesquelles la candidature de Jean-Luc Mélenchon a été annoncée et nous continuons à l'inviter à s'inscrire dans cette conception collective.

Pour notre calendrier, nous proposons qu'une conférence nationale soit convoquée le 5 novembre, avec, à son ordre du jour, l'évaluation du processus engagé et l'évolution de la situation politique et sociale du pays, la décision concernant de soutenir ou de présenter une candidature dans le cadre d'un processus collectif. Si tel n'est pas le cas, les communistes auront à choisir quel-le candidate ils soutiendront ou ils présenteront. Cette conférence nationale sera aussi un temps fort de notre mobilisation pour les élections législatives.

Enfin, dans sa dernière partie, pour ce qui concerne le PCF, nous identifions 5 grandes questions, que nous jugeons essentielles, et sur lesquelles les forces qui veulent le changement devraient tout faire pour converger.

Ces derniers paragraphes du texte sont importants, ils répondent, et pour la première fois sous cette forme là, dans un texte de congrès, à une demande régulièrement exprimée par les communistes, et au delà de nos rangs. Que veut prioritairement le PCF, il ne s'agit pas – comme on pourra le faire sous la forme d'un programme plus complet pour les élections législatives, IMG_0545.JPGd'aller dans le détail des choses, mais bien d'exprimer, le plus directement et clairement possible – ce que nous ne faisons pas toujours, il faut bien se l'avouer - les grands axes de la politique que nous voulons pour notre pays.

Nous voulons une France qui s'engage dans la refondation démocratique de la République. Nous voulons une France qui s'engage dans la lutte pour éradiquer le chômage et sécuriser la vie quotidienne de nos concitoyens. Nous voulons une France qui s'engage dans la lutte contre la finance et pour une autre utilisation des richesses. Nous voulons une France qui s'engage dans un nouveau modèle de développement. Nous voulons une France qui s'engage dans la refondation démocratique et sociale de l'Europe.

On peut sur chacun de ces cinq grands axes ajouter des propositions, vouloir préciser et compléter. Nous avons eu cette discussion au sein de la commission du texte. Il serait raisonnable de s'en tenir à un texte dont la longueur ne soit pas doublée ou triplée. Si nous obtenons par les luttes, les mobilisations citoyennes et les urnes, ce que je viens de présenter cela serait déjà un sacré changement pour notre République, pour nos vie, pour faire faire société ensemble. Cela serait de puissants leviers pour s'engager vers d'autres conquêtes et renouer avec le récit émancipateur de la France.

Voilà, en étant aller vraiment à l'essentiel, ce que nous voulions présenter et préciser avant notre débat. Merci.

02 juin 2016

La matinale de RFI

J'étais ce matin l'invité de la matinale de RFI.

Retrouvez ici mon interview

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30 mai 2016

Gattaz : "Une stratégie d'injures et de calomnies pour ne plus parler du contenu de la loi"

Dans un entretien publié dans le journal "Le Monde", Pierre Gattaz se livre à une charge d'une brutalité inouïe contre le mouvement social en général et plus particulièrement contre les militants et responsables de la CGT mobilisés contre la loi El Khomri.

Il s'agit bien plus que d'une surenchère patronale.

Un tel niveau d'injures et de calomnies n'est pas qu'une simple "sortie de route" du président du MEDEF mais bel et bien une stratégie qui vise, dans un moment décisif, à ne plus parler du contenu d'un texte, rejeté par les salariés, le parlement et l'opinion publique.

Ne tombons pas dans ce piège. Plus que jamais, le patronat, Medef en tête, doit rendre des comptes sur l'utilisation des 40 milliards d'euros. Aprèsimagtre__thterges.jpg le Pin's, Gattaz a fait le pire en laissant les grands patrons et les actionnaires se gaver. Parlons d'une véritable sécurisation des parcours professionnels, de l'emploi, de la formation, des salaires.

Si Pierre Gattaz a basculé dans un registre de guerre civile, c'est qu'il voit bien que le "compromis historique" signé avec Hollande et le gouvernement est contesté de partout, qu'il il a provoqué d'immenses dégâts sociaux et économiques, qu'il est donc urgent d'allumer des contre-feux.

Il choisit la terre brûlée, nous préférons semer une espérance par la mobilisation et la construction d'une alternative de gauche à loi El Khomri.

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