Olivier Dartigolles, porte-parole du pcf, élu municipal de Pau

Olivier Dartigolles

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26 mai 2016

"Cette loi ne créera pas d'emploi, elle facilite les licenciements !"

Loi travail/Valls : Le gouvernement, au bout d'une stratégie sans issue.

Alors que la France ne va pas mieux, que 70 % de la population ne veut pas de la Loi El Khomri, qu'elle juge que l'exécutif est responsable du blocage, que cette loi n'avait pas de majorité à l'assemblée nationale et qu'elle n'était pas dans le programme du candidat Hollande, Manuel Valls a renouvelé ce matin sur BFMTV et RMC les provocations, le dénigrement et les mensonges. Une telle attitude, marquée par un entêtement irresponsable, est devenue dangereuse.

exe_autocollant_loi_khomri_stc-pdf-image.jpgFrançois Hollande et le gouvernement Valls arrivent aujourd'hui au bout d'une stratégie sans issue. Alors que les arrêts de travail, dans de très nombreux secteurs d'activité, s'élargissent partout dans le pays, faisant la démonstration des mobilisations et des convergences très larges contre la loi El Khomri, comment ne pas admettre que seul le retrait de la loi peut y répondre ? Que cherche exactement le pouvoir ? Des solutions ou le blocage ?

Je serai pour le PCF présent à la manifestation contre la loi Travail cet après-midi à Paris, au point du PCF à l'angle Diderot/Daumesnil.

17 mai 2016

Belle semaine sociale, d'actions, de mobilisations et de manifestations partout dans le pays.

Alors que F.Hollande vient de déclarer sur les ondes d'Europe 1, qu'il « ne céderai pas » - si, c'est comme face à la finance, Merkel ou Gattaz, on n'a pas trop de soucis à se faire…-, nous pouvons franchir dans les prochains jours une nouvelle étape dans le rapport de force pour obtenir le retrait de la loi El Khomri. Les convergences les plus unitaires et rassembleuses doivent continuer à dire ce dont elles ne veulent pas tout en cheminant vers un socle commun de propositions.

Il existe un débat sur cette question. Pour nous, il ne s'agit en rien d'un socle à minima, d'une sorte de plus petit dénominateur commun en attendant des jours meilleurs. Non, au regard de la gravité de la situation politique actuelle, des évolutions possibles si une espérance de gauche images.pngn'arrive pas à s'incarner rapidement dans une dynamique populaire et citoyenne, il nous faut travailler avec les forces disponibles, elles sont nombreuses, à des mesures d'urgences pour une rupture avec la politique actuelle. Les choses bougent et dans la bonne direction. Nous en avions perçu les possibles en organisant les « lundis de gauche », l'arc des signataires de la motion de censure de gauche est une nouvelle illustration de ce qui peut être gagné.

A un an de la prochaine présidentielle, le temps n'est pas à choisir un candidat, à « l'aider » pour l'un comme j'ai pu le lire ce week-end, où à l'escorter jusqu'au sommet pour un autre. Nous ne manquons pas de talents, qu'ils se mettent tous au service du « commun » en retournant le miroir vers les visages de celles et ceux, innombrables, qui se désespèrent de la politique, du système, de la gauche, et dont les cris, ou les silences, doivent être placés au cœur de nos préoccupations, pour 2017 et après. Comme le rappelle Pierre Laurent dans un entretien publié ce jour dans les colonnes du journal « L'Humanité », « ce qui se joue n'est pas seulement la bataille de 2017, c'est la reconstruction durable d'une gauche capable de maintenir en France un projet majoritaire de transformation sociale ».

On peut y arriver si nous avons le courage et l'audace de mettre dans les mains des citoyens le choix de définir les mesures d'urgences et de désigner, lors d'une primaire citoyenne, la candidature commune de gauche, alternative à Hollande et au clan gouvernemental, pour la prochaine imagsdzcds.jpgélection présidentielle. Avec, pour les communistes, la nécessité d'être pleinement dans les luttes et les mobilisations, de proposer à grande échelle la consultation citoyenne, de préparer les prochaines législatives, de réussir, début juin, un congrès dont toutes les questions en débat ramènent, invariablement, à ce que nous voulons pour la France et la gauche, pour la société et la politique. Au sein de la gauche politique et sociale, associative et culturelle, place idées neuves et aux débats ; aux controverses à partir du moment où elles ne livrent pas notre pays à un second tour Droite/Fn ; à ce qui peut se discuter, se partager et se traduire en bien commun sans assécher notre diversité, nos sensibilités.

A en croire des enquêtes récentes, la primaire de droite qui va se tenir dans un climat d'extrême-droitisation pourrait intéresser un français sur 4. Plus de la moitié des participants à cette consultation à l'automne ne serait pas des électeurs des « Républicains ». Ce week-end, Marine le Pen, Phillippot et Ménard n'ont pas cessé de se féliciter de l'annulation du concert de Black M à Verdun. Avec, cela est inacceptable pour notre République, le silence des plus hautes autorités de l'Etat et de simples commentaires de la ministre de la Culture et du secrétaire d’État aux anciens combattants. Face à une telle campagne de haine, il ne faut pas se contenter de convoquer les grands principes mais les faire appliquer sans la moindre hésitation, sans avoir la main qui tremble.

Est-il possible, un tant soit peu, de ne pas perdre de vue ces réalités. Non pas pour en rabattre sur notre ambition à gauche mais bien au contraire pour que cette ambition apparaisse dans les prochains semaines comme le chemin d'un espoir à porter de main. Pour de vrai.telecharuiytgement.jpg

Les paroles prophétiques qui, en délaissant le réel, sa complexité et ses contradictions, donnent l'illusion d'une évidence qui ne peut pas même être discutée, ne sont pas au niveau de la situation. J'ai aussi quelque souvenirs précis sur des récits qui n'eurent pas l’épilogue annoncé. L'heure est donc aux agoras qui peuvent débattre de tout, au mouvement social et citoyen qui doit prendre en main notre avenir, à l'irruption de la jeunesse qui exprime la manière dont elle voit les choses. Ce bouillonnement est une formidable chance. C'est à la fois fragile et puissant. En tout cas, il nous oblige.

08 mai 2016

"Ça nous concerne"

Retrouvez-moi, lundi en direct sur LCI à partir de 9H15 pour parler de la rémunération des grands patrons. J'aurai l'occasion d'y présenter la proposition de loi concernant l’encadrement des rémunérations des dirigeants des grandes entreprises que nous avons déposé à l'Assemblée nationale par l'intermédiaire du groupe des député(e)s du Front de gauche et qui sera discutée le jeudi 26 mai 2016.

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04 mai 2016

Quelles protections doit-on garantir aux lanceurs d'alerte ?

Tribune libre publiée dans l'Humanité

La succession des affaires financières (UBS, Luxleaks, Panama Papers) a fait la lumière sur les pratiques de la finance internationale et sur les mécanismes favorisant l'évasion et la fraude fiscale. Cette transparence, qui défend la démocratie et l’intérêt général face à l'influence grandissante de lobbyistes et d’intérêts particuliers repose pour beaucoup sur le courage de lanceurs d'alerte. Comment les protéger ? D'abordtelechargement__1_dfsz.jpg par des campagnes de sensibilisation et de vérité auprès de l'opinion publique. Aujourd'hui, le lanceur d'alerte Antoine Deltour et le journaliste Edouard Perrin, à l'origine des révélations sur le scandale fiscal « Luxleaks », ne devraient pas être dans le box des accusés. Ce sont plutôt Jean-Claude Junker, les dirigeants des multinationales qui ont échappé à l'impôt, voire le fisc luxembourgeois, qui devraient, à notre sens être interrogés.

Actuellement, la loi au niveau hexagonal et européen n'est pas suffisante pour protéger les lanceurs d'alerte. Pire, de récentes décisions vont dans la mauvaise direction avec des conséquences rendant plus difficile encore la situation des lanceurs d'alerte. Il n'est absolument pas possible, si ce n'est au nom d'un cynisme total, d'exprimer ici une solidarité aux lanceurs d'alerte, comme viennent de le faire François Hollande et Michel Sapin, et, au Parlement européen, de voter avec la droite et le FN la Directive sur le Secret des Affaires, que la France devra inscrire d'ici deux ans dans sa législation nationale. Seuls les députés du Front de gauche et les écologistes s'y sont opposés.

D’autre part, comment comprendre que cette directive fixe un cadre très large à la nature des informations protégées par le Secret des Affaires, alors que la protection des lanceurs d’alerte prévue par la loi Sapin II ne prend en compte que les alertes de corruption et de fraude fiscale ? Quid des futurs lanceurs d’alerte de type Bisphenol A ou Mediator ? Ou encore des alertes sur des faits qui ne sont pas immédiatement illégaux, telechargementsgzzr.jpgmais qui sont éthiquement graves, à l’image de ceux dénoncés par Antoine Deltour ? Comment avoir la certitude que cette loi ne viendra pas s’ajouter au mille-feuille de lois existantes, inopérantes car parcellaires dans leur champ d’application ? Comme l’exprimait encore le sénateur Eric Bocquet dans ces pages : « la loi actuelle ne suffit pas à protéger les lanceurs d’alerte de l’administration fiscale ». Commençons par être exemplaire au niveau des services de l'administration fiscale, ce qui est loin d'être le cas au regard de témoignages qui posent de sérieux problèmes.

Dans Sapin II, le ministre de la Justice évoque aussi un « portail unique » de recueil des alertes, qui serait assuré par l’Agence de prévention et de détection de la corruption, également créée par cette loi et placée sous l’autorité de Bercy et du Garde des Sceaux. Pourquoi ne pas aller plus loin en créant une autorité spécifique, complètement indépendante? Quels sont les délais envisagés dans cette proposition ? Nous pensons que cette instance doit voir le jour le plus rapidement possible, dotée de moyens humains (juristes, experts,…) et financiers adéquats.

Face aux pressions que les lanceurs d'alerte subissent, avec des conséquences souvent dramatiques pour leur vie professionnelle et privée, il faut réellement assurer leur protection afin qu'ils ne se retrouvent pas seul face à des puissances financières qui, elles, mobilisent beaucoup de rtrrr.jpgmoyens pour les faire taire. Comment assurer leur anonymat quand les conditions l'exigent ? Comment les accompagner quand une procédure judiciaire est engagée contre eux ? Ne faut-il pas réfléchir à une protection équivalente aux journalistes et aux avocats ? Avec quel soutien financier pour les défendre et quelle indemnisation en cas de licenciement ? Voilà les premières questions à traiter. Je crois aussi nécessaire d'envisager une infraction spécifique pour celles et ceux qui s'attaquent aux lanceurs d'alerte, qui les menacent.

Les discussions autour de la loi Sapin 2 ne peuvent pas être un simple ravalement de façade après tant de tergiversations et d'absence de courage politique face aux « ennemis » de la finance qui, chaque année, réalisent le « casse du siècle » avec 60 à 80 milliards d'euros d'évasion fiscale en France et 1000 milliards à l'échelle de l'Union européenne.

03 mai 2016

Pourquoi j'ai signé " l'appel des cent" ?

Pour une raison qui tient en peu de mots : redonner de l'espoir.

Par delà les débats et les controverses, nécessaires et légitimes, et parfois même les outrances et les polémiques, dont on se passerait bien mais elles font partie du climat de la période, entre chiens et loups, l'essentiel est de toujours garder une vision claire sur le sens d'un engagement, son actualité. Et le faire à partir du réel, des obstacles mais aussi des formidables ressources qui existent dans notre société.

Dans le prolongement de la base commune proposée par le Conseil national dans le cadre de la préparation du prochain congrès du PCF, de la résolution adoptée lors du dernier CN et des initiatives prises par Pierre Laurent au cours des dernières semaines - je pense notamment à la série des débats "les lundis de gauche" -, il n'y a pas de question plus urgente, plus brûlante, que celle qui consiste à travailler à une alternative de gauche et de progrès avec un mouvement populaire qui fait irruption dans le paysage verrouillé de 2017.

A l'heure où le mouvement social, la jeunesse et les "Nuit debout" convergent pour obtenir le retrait de la loi El Khomri, nous mesurons chaque jour combien de nouveaux types de rassemblements, à vocation majoritaire, large, pour faire émerger et grandir des alternatives collectives pour 2017 et après sont à portée de main.

Tout cela se cherche, tâtonne et c'est bien normal. Nous ne sommes pas pressés. Nous ne voulons pas de raccourcis, pas de "soutien" à ce qui n'a pas fait l'objet d'une écoute, d'une prise en considération, d'une co-élaboration entre force citoyennes, syndicales, associatives, culturelles et politiques.

Avec cet " Appel des cent" , nous pouvons très certainement commencer à faire le récit de ce que nous voulons et aussi commencer à le bâtir, pas à pas. Car, voyez-vous, nous avons le temps des premières rencontres et des débats, de la mise en commun pour des mesures d'urgences sociales, écologiques et démocratiques. Ce socle commun, ces exigences essentielles, seront notre bien commun pour les élections présidentielles et législatives, pour construire des candidatures d'unité, des campagnes réellement collectives et partagées.

Le texte de notre appel précise : " il y a débat à gauche sur la stratégie à l'orée des présidentielles, certains pensent que la réponse est dans une primaire, d'autres font d'autres choix : candidature déclarée, recherches de modalités nouvelles... Quel que soit le choix de chacun aujourd'hui il faut de toutes façons un démarche qui permette de débattre largement et sans exclusive et de sortir du fonctionnement politique habituel afin de mettre dans le paysage des propositions d'urgence susceptibles de rassembler et de redonner de l'espoir". Oui, redonner de l'espoir et donc se dire qu'il peut y avoir un autre horizon qu'un second tour droite/FN et qu'une atomisation de l'idée de gauche et de progrès.

Dans les prochains jours, les initiateurs de l'appel se retrouveront pour y travailler.

Vous pouvez nous rejoindre ici : 1ermaiappeldes100@gmail.com

02 mai 2016

1er mai : Appel des 100

Nous vivons une situation inédite : un capitalisme en crise et pourtant présenté dans le discours dominant comme seul système viable ; une Europe basée sur le libéralisme et éloignée des citoyens ; une crise écologique qui ne trouve pas de solutions à la hauteur ; le développement des tensions internationales et de politiques migratoires mortifères ; une crise globale de la vie politique marquée notamment par la forte montée de l’extrême droite… Cette situation appelle des réponses nouvelles, le refus de tout fatalisme. Nous sommes convaincus de la disponibilité de nombreuses forces et énergies citoyennes pour construire d’autres possibles par la mobilisation populaire.

Nous voulons contribuer à la transformation de notre société, par la remise en cause du productivisme et du consumérisme, par la redistribution des richesses mises au service du progrès social, y comprisau plan international et européen, à rebours des politiques menées actuellement et sous les quinquennats précédents, sous l’aiguillon des organisations patronales et plus particulièrement du Medef, des marchés financiers et des institutions européennes.

Nous refusons les logiques de « guerre au terrorisme » et du tout sécuritaire, le recul des droits et libertés publiques, la recherche de boucs émissaires qui stigmatise des pans entiers de la population.

Nous considérons que l’indispensable transformation de notre société passe par la mobilisation la plus large aux plans politique et social, par des modes d’intervention politique novateurs qui favorisent l’intervention citoyenne et la participation de toutes et tous aux décisions qui les concernent. La puissante mobilisation contre le projet de loi Travail et la mise en échec de la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité démontrent la profondeur de l’aspiration à une autre politique et les importantes disponibilités pour l’engagement citoyen.

Il y a débat à gauche sur la stratégie à l'orée des présidentielles, certains pensent que la réponse est dans une primaire, d'autres font d'autres choix : candidature déclarée, recherches de modalités nouvelles... Quel que soit le choix de chacun aujourd'hui il faut de toutes façons un démarche qui permette de débattre largement et sans exclusive et de sortir du fonctionnement politique habituel afin de mettre dans le paysage des propositions d'urgence susceptibles de rassembler et de redonner de l'espoir.

Nous pensons que le rassemblement des forces de progrès, dans les domaines politique, syndical, associatif, culturel et intellectuel est indispensable pour créer les conditions de la mobilisation populaire. Nous affirmons donc notre volonté commune d’œuvrer à ce rassemblement, pour l’inscrire dans la durée et favoriser l’irruption citoyenne dans le débat public.

Dans ce sens, nous voulons co-organiser des débats en territoire, ouvert à toutes et à tous sans exclusive, pour construire et adopter un corpus de propositions de mesures d’urgences qui contribueraient à améliorer significativement et rapidement les conditions de vie de toutes et tous.

Ces mesures d’urgences devraient être pleinement intégrées dans les propositions des candidat-e-s aux élections présidentielles et législatives de 2017.

Elles constitueraient notre bien commun pour mener une campagne et construire des candidatures d’unité lors de ces échéances électorales.

Premiers signataires :

Christophe Aguiton, altermondialiste; Nils Andersson, ancien éditeur; Marie-Christine Aragon, conseillère générale - PS-64; Gérard Aschieri, syndicaliste; Isabelle Attard, députée; Clémentine Autain, porte-parole – Ensemble !,

Marinette Bache, conseillère de Paris - R&S; Bertrand Badie, professeur des universités; Guillaume Balas, député européen - PS; Francine Bavay, Ecologie sociale; Julien Bayou, porte-parole – EELV; Roland Benarous, directeur de recherche scientifique; Sophie Beroud, politiste; Antoine Blocier, écrivain; Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement de Paris - EELV; Jean-Claude Branchereau, syndicaliste; Patrick Brody, syndicaliste; Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris - PCF/ FdG,

Eric Cabanis, syndicaliste; Jean-Marc Canon, syndicaliste; Fanélie Carrey-Conte, députée - PS; Françoise Castex, ancienne députée européenne; Jean-Claude Chailley, secrétaire général - Résistance sociale; Martine Chantecaille, conseillère municipale - La Roche sur Yon - PS; Guy Chapouillié, professeur des universités, réalisateur; Tuncay Cilgi, syndicaliste, co-animateur - Collectif Stop 3 CDD; Sergio Coronado, député - EELV; Annick Coupé, syndicaliste; Alexis Cukier, philosophe; Cécile Cukierman, sénatrice - PCF/FdG, conseillère régionale Rhône-Alpes/Auvergne,

Olivier Dartigolles, porte-parole - PCF; Caroline de Haas, féministe; Christophe Delecourt, syndicaliste; Karima Delli, députée européenne - EELV; Héléne Derrien, militante santé; Lina Desanti, syndicaliste; Pascal Dessaint, écrivain; Jean Pierre Dubois, militant droits de l'Homme; Michel Duffour, ancien ministre - PCF,

Patrick Farbiaz, Ecologie sociale; Gérard Filoche, bureau national - PS; Esther Fouchier, militante féministe; Jean-Pierre Fourré, porte-parole - R&S, ancien vice-président de l’Assemblée nationale,

Nadine Garcia, syndicaliste; Bertrand Geay, sociologue et militant associatif; Karl Ghazi, syndicaliste; Jean Luc Gibelin, vice-président Midi-Pyrénées/Languedoc Roussillon - PCF/FdG; Magali Giorgetti, syndicaliste; Roland Gori, psychanalyste; Pierre-Henri Gouyon, universitaire; Sylvie Guinand, syndicaliste,

Jean-Marie Harribey, économiste, conseil scientifique - Attac,

Michel Jallamion, responsable - Convergence services publics; Dominique Jobard, syndicaliste; Marianne Journiac, secrétaire nationale - R&S,

Pierre Khalfa, Fondation Copernic; Abdessalam Kleiche, co-responsable de la commission transnationale - EELV,

Daniel Labouret, responsable régional - R&S - Aquitaine-Limousin/Poitou-Charentes; Annie Lahmer, conseillère régionale - EELV; Didier Lassauzay, syndicaliste; Ben Lefetey, militant écologiste et altermondialiste; Didier Le Reste, maire-adjoint 10ème arrondissement de Paris - PCF/FdG; Thierry Lescant, syndicaliste; Isabelle Lorand, chirurgienne, exécutif national - PCF; Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice, bureau national - PS,

Nöel Mamère, député écologiste; Jean-Claude Mamet, Ensemble !; Marc Mangenot, Fondation Copernic; Bénédicte Manville De Cecco, conseillère régionale Ile de France - EELV; Philippe Marlière, politiste; Claude Martin, syndicaliste; Myriam Martin, porte-parole - Ensemble !; Christiane Marty, féministe; Gus Massiah, altermondialiste; Pierre Ménard, responsable - Convergence nationale Rail; Roland Merieux, Ensemble !; Btissam Mnari, animatrice collectif Stop 3 CDD; Ricardo Montserrat, auteur dramatique, scénariste; René Monzat, journaliste, Espace Marx; Gérard Mordillat, auteur, cinéaste; Marie-Thèrése Mutin, éditrice, ancienne députée européenne,

Dominique Noguères, avocate, militante des droits de l’Homme,

Willy Pelletier, Fondation Copernic; Jean-François Pellissier, porte-parole – Ensemble !; Loïc Pen, urgentiste, comité de défense de l’hôpital; Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon; Jean-Claude Petit, compositeur, chef d’orchestre; Claire Pessin Garric, militante associative de l'éducation populaire,

Serge Regourd, professeur des universités,

Jean-Michel Sala, syndicaliste; Nicolas Sansu, député-maire de Vierzon - PCF/FdG; Pierre Santini, comédien,

Baptiste Talbot, syndicaliste; Eric Thouzeau, conseiller régional Pays de Loire - PS; Hocine Tmini, acteur des quartiers, adjoint au maire de Vitry-sur-Seine; Claude Touchefeu, conseillère municipale Toulouse - PS; Stéphanie Treillet, Ensemble !; Maryse Tripier, sociologue de l’immigration; Guy Tresallet, syndicaliste; Aurélie Trouvé, économiste, conseil scientifique - ATTAC,

Raymond Vacheron, syndicaliste; Marie-Christine Vergiat, députée européenne - Front de Gauche; Marie Pierre Vieu, éditrice, exécutif national - PCF; Emmanuel Vire, syndicaliste.

Anne Weber, directrice de recherche émérite – CNRS...

20 avr. 2016

"Concernant Nuit Debout je suis préoccupé par l'attitude de la préfecture de police"

"La primaire, il faut arrêter d'en parler, il faut la faire"

"Donald Trump est dangereux"

14 avr. 2016

Primaire citoyenne : une alternative à gauche est possible

Promis, craché, juré. Après le séisme politique des dernières élections régionales, d’une amplitude inégalée, tout devait changer. Face aux bataillons d’abstentionnistes rejetant le «système», au nouveau record enregistré par le Front national, avec près de 28% au premier tour et une progression de 800 000 voix pour le second, à la sidération provoquée par la traduction de ce nouveau paysage en Paca et dans le Nord-Pas-de-Calais, cela allait enfin changer. Pour de vrai. Mais changer quoi ? La politique, la gauche, les pratiques et les comportements.

Le danger est bel et bien celui d’un terrible recul pour nos valeurs et notre imaginaire, les idées de gauche et de progrès, d’émancipation et de révolution. Il est souvent question du risque «d’atomisation», de «marginalisation». Dans son entretien à Libération du 13 avril, Manuel Valls propose d’en finir avec «l’affrontement classique entre la droite et la gauche». Il reste, malgré la concurrence d’Emmanuel Macron, l’un des meilleurs agents électoraux, par sa politique et son discours, des adieux à la gauche du clan gouvernemental et de la direction du PS. Penons bien la mesure de ce que cela représenterait, non pas uniquement pour les échéances électorales du printemps 2017, mais pour la société française, la jeunesse, le monde du travail et de la création, pour les dix, quinze prochaines années.

Depuis des années, nous décrivons les processus politiques et électoraux, idéologiques et culturels, à l’œuvre dans notre pays et à l’échelle européenne, qui nous conduisent au chaos démocratique. Longtemps, cela fut un horizon menaçant qui nourrissait les mises en garde et les alertes. Aujourd’hui, nous devons non pas simplement y réfléchir et, le cas échéant nous y préparer, mais y faire face. Nous y sommes.

L’heure est donc au discernement et au courage. Oui, y voir clair, ne pas s’égarer quand la droite, elle, prépare son retour aux affaires avec un programme plus douloureux encore que ce que nous avons dû supporter depuis 2012, et quand l’extrême droite – aujourd’hui Marine Le Pen, demain Marion Maréchal-Le Pen – est aux portes du pouvoir. Oui, être courageux en ne renvoyant pas à des futurs incertains, ce qui peut et doit être fait d’ici les prochaines élections présidentielles et législatives de 2017. Tout ce qui ne sera pas engagé et construit dans les prochains mois sera beaucoup plus périlleux à réaliser avec un rapport des forces plus dégradé encore.

Les symptômes de la crise démocratique, politique et institutionnelle sont là, sous nos yeux. Chaque jour, ils gagnent du terrain. C’est une prochaine élection présidentielle cheminant vers un remake du casting de 2012, où la seule inconnue résiderait dans le résultat de la primaire à droite en novembre, avec une qualification au second tour présentée comme assurée pour le FN. C’est une remise en cause du clivage droite-gauche qui, tout en aggravant le brouillage des repères, prépare le terrain à une recomposition en accéléré, au lendemain de la présidentielle, pour une grande coalition libérale. C’est la nouvelle mode des candidats solos, hors cadre des partis et d’un collectif, en appelant au peuple et aux citoyens dans la plus pure tradition du présidentialisme d’une Ve République à l’agonie, mais qui va très bien à Hollande, à la droite et à l’extrême droite. Dans un jeu à trois, l’essentiel est d’être l’un des deux… Autre symptôme, et non des moindres, la déconnexion entre ce qui bouillonne et ce qui se prépare pour les échéances électorales de 2017, entre les colères, les besoins et l’offre politique à gauche pour y répondre.

A un an de la prochaine présidentielle, tout peut-il changer ? Le fiasco de la révision constitutionnelle fait la démonstration que rien n’est jamais écrit à l’avance. Il y a quatre mois, nous débattions de la déchéance de nationalité. Aujourd’hui, les discussions portent sur la jeunesse, sur la mobilisation contre la loi El Khomri, sur la manière de mettre fin à l’évasion fiscale, sur les agoras des places publiques où les solutions et les rêves relèvent la tête face aux trahisons et aux privilèges.

La question essentielle et cruciale est celle des convergences dans le débat et l’action. La proposition d’une primaire à gauche a eu, au début de l’année, le mérite de déverrouiller le débat. Si cette idée trouve un accueil très favorable dans les enquêtes d’opinion auprès des femmes et des hommes de gauche, c’est d’abord la traduction du rejet de la politique gouvernementale et du président sortant. C’est aussi l’expression d’une réalité qui est une bonne nouvelle pour la vie démocratique de notre pays : ils veulent pouvoir choisir.

Est-il possible de traduire cette aspiration à partir d’exigences populaires essentielles et dans le cadre d’une primaire citoyenne à gauche ? Pour le PCF, une telle primaire, ou tout autre processus citoyen, passe d’abord par la priorité donnée à la construction d’un projet politique élaboré lors de réunions publiques et de débats citoyens sur une question : «Quelle France voulons-nous ?» Le débat sur les candidatures et le vote citoyen pour choisir la ou le candidat(e) n’est donc pas, à ce stade, la question prioritaire. Si l’Elysée et la direction du PS cherchent, par tous les moyens, à planter la primaire, c’est qu’ils ne veulent ni du débat d’alternative à la politique actuelle ni d’un processus confirmant le rejet de la candidature de François Hollande ou de tout autre représentant des renoncements et des trahisons.

C’est pourquoi le PCF a décidé d’une grande consultation citoyenne, partout dans le pays, avec l’objectif d’échanges directs avec 500 000 personnes. Toutes les forces disponibles à gauche pour rendre ce processus incontournable doivent ne plus tergiverser et travailler ensemble à l’organisation des premiers débats. Possible, si nous portons l’objectif politique d’une majorité parlementaire pour la mise en œuvre du mandat populaire. Possible, si nous avons tout simplement confiance dans ce que peut vouloir et obtenir notre peuple pour une alternative de gauche à la politique gouvernementale dans un moment où, ce qui se joue, est l’installation d’un rapport de force politique et social qui aura de lourdes conséquences pour la suite.

Je lis parfois que cela n’est pas possible pour aujourd’hui et qu’il faut donc se préparer à une période difficile. Je ne le crois pas pour deux raisons. D’abord, une telle lecture est une grave sous-estimation des ressources, des potentialités, des disponibilités pour ne se résigner à rien et pour reprendre notre avenir en main. Puis, ce «pas possible» est en lui-même un encouragement à ce que nous devons combattre, faire reculer et vaincre. On a besoin de gauche et d’un nouveau progressisme, besoin de collectif et d’espérances.

06 avr. 2016

"Pour une primaire des idées"

Nous sommes des électrices et électeurs. Nous voulons que la politique soit de nouveau faite par les citoyennes et les citoyens. Comme beaucoup d’entre nous recommencent déjà à le faire dans les rues et sur les places publiques de France.

Depuis quelques semaines, nous avons accepté de participer à un processus ouvert de toutes les forces politiques de la gauche et des écologistes, pour construire ensemble la primaire de gauche. Nous pensons que c’est le bon outil pour relever une gauche en lambeaux, pour sortir de l’ornière annoncée de 2017. Cette primaire a vocation à élire une candidate ou un candidat de gauche et à gagner l’élection présidentielle. Mais aussi, et surtout, à faire revivre les idées progressistes dans l’espace public.

Nous ne supportons pas les débats sur la réforme du droit du travail ou la déchéance de nationalité, tandis que la finance n’est toujours pas combattue et continue d’imposer sa loi. Les réels sujets ne sont toujours pas soulevés.

Un projet politique de gauche peut-il passer à côté de l’instauration d’une VIe République? Peut-il se retenir d’ouvrir le débat sur l'augmentation des salaires, un revenu de base et sur la réduction du temps de travail? Peut-il s'abstenir de protéger notre environnement et notre santé des pollutions? Peut-il retarder une vraie ambition de transition énergétique? Peut-il hésiter à faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une priorité? Peut-il reculer devant le droit de vote des étrangers? Peut-il continuer de dissoudre nos libertés individuelles? Peut-il renoncer à mettre en place une loi forte contre les paradis fiscaux et pour la justice sociale?

Avant une primaire des candidatures, nous avons besoin d’une primaire des idées. Si nous ne pouvons pas nous rassembler avant tout sur le fond, le rassemblement autour d’une candidature à la présidentielle restera une illusion sans lendemain. Ces débats doivent d’abord exister partout dans le pays, sans quoi notre tentative démocratique ne sera pas à la hauteur des mouvements citoyens qui émergent en France pour pratiquer la politique sincèrement.

L’essentiel est de fabriquer en commun. Comment y parvenir si nous ne sommes pas d’accord sur le minimum vital? Voilà pourquoi nous appelons à ce que la primaire soit imaginée, construite, alimentée par des citoyennes et des citoyens venus de tous horizons. Les électeurs et les électrices sont les meilleurs experts de leurs propres vies. Nous proposons donc que d'ici à l'été se tiennent à travers toute la France des débats ouverts pour leur permettre d'exprimer leurs préoccupations, leurs envies et leurs idées sur les sujets de leurs choix.

C’est de la richesse de ces débats que doit émerger un socle commun des exigences indispensables pour toute candidature, élaboré collectivement lors de ces assemblées citoyennes, capable d’offrir le cadre dans lequel il sera possible de penser un autre chemin ensemble.

Les signataires :

Elliot Lepers et Nadia Ahmane, de la Primaire de gauche

Olivier Dartigolles et Isabelle de Almeida, dirigeants du PCF

Marine Tondelier et Julien Bayou, membres du Bureau exécutif d’EELV

Jérôme Guedj et Fanélie Carrey-Conte, membres du Bureau national du Parti socialiste

Nathalie Cayet et Pierre Larrouturou, membres du Bureau national de Nouvelle donne

La matinale de RFI

J'étais ce mercredi l’invité du matin de RFI. Au programme des questions de Frederic Rivière : Panama Papers, loi travail, réforme des règles de l’élection présidentielle.


Olivier Dartigolles (PCF): « la réforme de la... par rfi

31 mar. 2016

Comment garantir le pluralisme dans la presse ?

Tribune libre publiée dans le journal l'Humanité.

Rien n'y fait. Alors que les derniers mois ont été marqués par de nouvelles attaques renforçant l'ultra concentration de la presse, nationale et régionale, les institutions publiques garantes du pluralisme n'agissent toujours pas à la hauteur des enjeux comme cela avait pourtant été annoncé en janvier 2015 après Charlie-Hebdo. Aujourd'hui, et cela en dit long sur la gravité de la situation, sept milliardaires contrôlent 95 % de la production journalistique en France. Les grands patrons aiment beaucoup la presse, une presse en muselière.

Tous les jours, face à la complexité du monde et de nos sociétés, dans une tension permanente entre ce qui est présenté comme inéluctable par la pensée libérale et ce que nous voulons changer, le besoin d'analyses demande plus de pluralisme et non un paysage saturé par les mêmes discours et les mêmes "experts" dont la seule compétence est, au final, la régression et le chaos.

Comment faire vivre le pluralisme ?

Par une répartition plus équitable des dépenses publicitaires des grandes entreprises et des institutions publiques, par une aide aux quotidiens à faible ressources publicitaires au niveau où elle était en 2010. Dans un secteur en profonde mutation, avec des bouleversements considérables pour tous les métiers de la presse, la stratégie d'intervention de l'Etat doit être totalement repensée pour permettre un véritable développement de la presse d'information politique et générale. Comment ?

La loi Bloche votée début mars à permis quelques avancées, notamment, sur proposition de Marie-George Buffet, en matière de protection de sources des journalistes. L'absence de décisions sur la concentration des médias laisse le champs libre aux grands groupes industriels, financiers et des télécoms. Une loi doit y mettre fin en interdisant les situations de monopole.

Les aides directes et indirectes à la presse doivent être prioritairement dirigées vers les titres qui en ont le plus besoin. Pourquoi les aides aux transports, au portage, à la distribution ne sont-elles pas d'abord attribuées aux titres indépendants des grands groupes ? Confortons les principes coopératifs de distribution mis en place à la Liberation. Concernant le secteur clé de la diffusion, la France se caractérise par la faiblesse du nombre de points de vente par habitants, et par une rémunération des diffuseurs parmi les plus faibles des pays européens.

A l'échelle des régions, les aides peuvent être conditionnées avec une intervention des comités d'entreprises de presse pour décider des critères d'attribution et suivre l'utilisation de l'argent public.

Des choses intéressantes se font au sein de l'Education nationale, comme "la semaine de la presse et des médias à l'école", mais on pourrait aller bien plus loin pour une éducation critique aux médias , à l'information et donc au pluralisme de la presse.

L'ambition doit être une véritable refondation de la stratégie de l'intervention de l'Etat pour contribuer au redressement d'une presse libre et plurielle, à sa distribution, et ainsi garantir aux citoyens un égal accès à une presse citoyenne et pluraliste au service de la vie démocratique. Depuis février, une proposition de loi est déposée en ce sens par les députés communistes .

Ce sujet doit trouver toute sa place dans nos batailles politiques, notamment celle pour "Libérez les médias". Dans le cadre d'une grande consultation citoyenne, le PCF s'est fixé l'objectif d'aller à la rencontre de 500 000 personnes. Autant de moment d'échanges où nous pourrons aborder ces enjeux.

Une urgence est inscrite à nos agendas : soutenir et participer au "printemps de l'Humanite" et à la campagne "l'Humanité, c'est nous". Il ne s'agit pas simplement de remettre à flot le journal de Jaurès, comme nous avons pu le faire par le passé, mais d'un moment crucial pour le pluralisme de la presse. L'Huma est aujourd'hui en grand danger car sa liberté et son indépendance dérangent .

30 mar. 2016

L'adresse de Pierre Laurent aux communistes. 2017 : LE MOUVEMENT POPULAIRE DOIT PRENDRE LA MAIN

Demain dans tout le pays, une mobilisation sociale d’ampleur, la première de cette importance depuis le début du quinquennat, verra converger jeunes et salariés pour exiger le retrait de projet de loi El Khomri. L’issue de la bataille engagée est essentielle. François Hollande et son gouvernement peuvent et doivent être battus. Ce combat appelle l’engagement total des communistes car, comme le disent autour de nous de très nombreux salariés, « trop c’est trop ». La loi proposée, parfaitement décryptée dans le numéro spécial de l’Humanité, qui mérite la plus large diffusion, ne fera pas reculer le chômage, qui continue de progresser de manière alarmante, mais amplifiera la généralisation de la précarité. Notre époque appelle à l’inverse un nouvel âge de la sécurité sociale et de la réduction du temps de travail. Loin de la modernité frelatée que nous vend le pouvoir, le projet du gouvernement, écrit sous la dictée du MEDEF, prépare une société d’insécurité, fragilisée. Nous pensons qu’une autre vision, celle d’une société de partage, est possible en combinant un changement profond du travail et une sécurité d’emploi et de formation qui remette à l’ordre du jour l’objectif d’une société débarrassée du fléau du chômage.

Battre la loi El Khomri

Les communistes, au premier rang desquels les jeunes et les étudiants communistes, nos parlementaires et tous nos élus, sont totalement impliqués. Cet engagement doit conforter l’élargissement, l’unité et la durée du mouvement engagé. La clé de la victoire est l’ampleur de la mobilisation populaire et la pression qu’elle doit mettre sans tarder sur le Parlement : pas une voix de gauche ne doit voter ce projet, et il sera mis en échec. Utile pour l’avenir du pays, de la jeunesse et des salariés, cette bataille et la victoire possible peuvent également l’être pour la reconstruction d’une alternative de progrès au pouvoir de François Hollande. En effet, les forces populaires indispensables à cette reconstruction sont précisément celles qui se mobilisent en ce moment. Comment et par quel chemin ? C’est l’objet de nos discussions préparatoires au congrès de juin. Les médias m’interrogent : « Mais avec qui voulez-vous préparer 2017 ? », je réponds clairement : « Le périmètre des forces à rassembler, c’est toutes celles qui s’opposent à la loi El Khomri ». Mais soyons lucides : au-delà de leur opposition à cette loi, leur unité politique pour constituer une réponse politique alternative au piège de 2017 ne va pas de soi. La construire demande des initiatives politiques.

Un débat sain et enrichissant des communistes

Quelles initiatives politiques ? La discussion des communistes préparatoire à notre prochain congrès bat déjà son plein sur ce point autour de la base commune adoptée à une très large majorité par le Conseil national. C’est en effet la partie du texte qui suscite le plus de questionnements, de positions différentes, voire tranchées. D’ores et déjà, les échanges montrent que ce texte devra être enrichi et amélioré à partir de ces questions. Cela ne doit ni nous étonner, ni nous effrayer, car chacun d’entre nous a en tête que nous sommes dans une situation paradoxale et difficile, où cohabitent sans cesse potentiels de rassemblement et dangereuses impasses politiques. Le Conseil national du 15 avril, que nous avons décidé début mars, devra commencer à prendre en compte les évolutions de la situation et tous ces débats. C’est ensemble, par des décisions démocratiques issues d’un libre débat, que nous trouverons les réponses les mieux adaptées. Cette procédure démocratique permet l’unité de notre parti à laquelle, comme secrétaire national, je veille avec le plus grand soin. D’ores et déjà, et parce que je souhaite un débat clair et loyal, je sens nécessaire de préciser ce que nous cherchons ensemble dans ce débat. J’entends dire parfois que nous souhaiterions « une primaire de toute la gauche de Macron à Mélenchon », voire que nous serions déjà presque prêts à nous rallier, devant le danger de droite ou pour sauver quelques sièges de députés, à « mener la campagne derrière Hollande ». Écartons ces caricatures, qui n’ont rien à voir avec nos objectifs, pour parler des problèmes que nous devons résoudre.

Le piège de 2017…

Périlleuse, la situation l’est indiscutablement. Après dix ans de droite et un quinquennat de Hollande où les pouvoirs successifs se sont employés à détricoter systématiquement notre modèle social et républicain, les appétits prédateurs du patronat se sont aiguisés. Le mouvement social et populaire, l’électorat de gauche sont profondément marqués par ces expériences et singulièrement la trahison du quinquennat Hollande, qui semblant fermer la porte à toute alternative, ont installé une défiance profondément ancrée, principal terrain de manœuvre du FN. La conscience de classe, la conscience politique de gauche se sont affaiblies et les forces politiques et sociales de progrès sont profondément divisées. Cette déstabilisation est particulièrement ressentie par les millions d’électeurs de François Hollande au premier tour de 2012, largement les plus nombreux à gauche. Quelles conclusions vont-ils tirer de cette période ? Le renoncement définitif, le désarroi ou le ressaisissement ? L’issue de leurs choix individuels et collectifs pèsera très lourd dans la balance, lors des deux élections, présidentielle et législatives. Cette situation engendre deux difficultés conjointes. La première est évidente : si rien ne bouge d’ici 2017, tout conduit à un second tour de l’élection présidentielle où les électrices et électeurs devront faire leur choix entre le candidat de la droite et Marine Le Pen. On imagine les conséquences durables d’un tel choc, le désarroi du mouvement progressiste, surtout si aucun parti, aucune force, n’a tenté ou n’est parvenu à conjurer un danger mortel pourtant largement annoncé.

… est-il bien mesuré ?

La seconde question suit : est-il possible de construire une candidature de gauche, porteuse d’un projet de gauche, autrement dit, en claire rupture avec la politique Hollande-Valls, capable de rassembler suffisamment pour être susceptible de mettre en échec ce danger pré- visible ? À l’heure qu’il est, la dispersion maximum reste le scénario le plus probable. Nous sommes à plus d’un an de la présidentielle, déjà le NPA, le MRC, et LO ont annoncé leurs candidats. Jean-Luc Mélenchon, lui, a « proposé sa candidature », hors cadre collectif, en déclarant dépassé le Front de gauche et « hors cadre des partis ». Pour être décidée où ? Quand ? Par qui ? Tout se passe donc comme si chacun avait intégré la prévision d’un deuxième tour droite radicalisée - FN comme une fatalité. Chacun se défend en estimant que l’opposition à Hollande justifie sa candidature. Certes, pour échapper au duel droite-FN, une candidature de gauche en rupture avec les choix du quinquennat est nécessaire. Mais cette condition nécessaire n’est pas suffisante. Elle doit aussi chercher à s’appuyer sur le socle populaire et politique le plus large possible. Si nous n’acceptons pas que les échéances de 2017 conduisent ainsi notre pays dans une régression sociale et politique durable, je suis convaincu que le Parti communiste ne serait pas à la hauteur de son histoire s’il ne faisait pas tout ce qu’il peut, tout ce qu’il doit, pour bousculer la donne. Le moment est venu d’initiatives politiques nouvelles. C’est ce que propose la base commune adoptée par le Conseil national.

Des initiatives majeures et innovantes du parti communiste

Ces initiatives politiques, nous leur donnons l’objectif de construire un nouveau front populaire et citoyen, un large front social et politique qui fasse converger les forces de la gauche et de l’écologie politique, les forces syndicales, le mouvement social, le monde du travail, de la création, pour ouvrir un chemin neuf pour la France, pour écarter le danger de la droite et de l’extrême droite, pour construire une nouvelle majorité. Comment ? D’abord par la politisation dans les mobilisations, celle contre la loi El Khomri, celle qui est en train d’aboutir à la mise en échec de la déchéance de nationalité, celles dans les luttes pour l’emploi industriel ou pour la défense de l’avenir du monde paysan, afin de faire émerger la conscience de nouveaux objectifs politiques partagés. La jeunesse prendra-t-elle par exemple une part active de ces constructions ? Voilà une question d’importance pour la suite des événements.



Hollande n’est pas « le candidat naturel » et ne sera pas notre candidat

Ces initiatives politiques, elles consistent aussi à revaloriser l’enjeu des élections législatives, pour impulser dans la durée une autre conception du pouvoir et de la démocratie, non assujettie au présidentialisme. Les élections législatives peuvent être un chemin précieux de reconquête politique populaire sur le terrain. Ces initiatives politiques c’est aussi évidemment une autre construction présidentielle à partir de l’investissement citoyen. Le pouvoir Hollande-Valls est affaibli. Même si le président sortant prépare sa candidature, l’idée grandit qu’il est la candidature de l’échec. Les appels à des primaires à gauche ont rouvert le débat, en contestant à Hollande le statut de « candidat naturel ». C’est pourquoi nous n’avons pas fermé cette porte. C’est pour éliminer Hollande que nous proposons de construire une primaire résolument citoyenne, bâtie sur un socle d’abord discuté au grand jour dans tout le pays. Est-ce possible ? Je le crois, mais j’entends le scepticisme. Débattons-en sans caricatures inutiles.

__Ceux qui s’opposent à la loi El Khomri garderont-ils la main ? __ Comment construire une primaire citoyenne qui s’adresse aux 1,4 millions de signataires, aux grévistes et manifestants contre la loi travail, aux millions de déçus de Hollande, à ceux qui refusent les dérives sécuritaires et liberticides des réformes constitutionnelle et du droit pénal. À ceux qui refusent l’austérité pour la France et pour l’Europe. Ces citoyens, ces salariés, ces jeunes qui aujourd’hui se battent de front contre la politique de Hollande, garderont-ils la main en vue des échéances de 2017, ou la lâcheront-ils quand il s’agira de passer aux urnes ? Dans les conditions à bien des égards inédites de cette échéance, la primaire que nous investirions peut-elle leur permettre de choisir, de dire : Voilà quelle France nous voulons, voilà comment doivent se passer les élections déterminantes de 2017, voilà quel candidat, quelle candidate nous choisissons pour cela.

Une consultation populaire sans précédent

C’est pourquoi tout doit démarrer à nos yeux par une discussion politique géante avec notre peuple. C’est le sens de la « grande consultation citoyenne » que nous proposons. Nous savons le rejet de la politique, la rupture démocratique qu’ont entraîné les pratiques politiques de la droite, les reniements de François Hollande et plus généralement les dérives de nos institutions. Nous voulons y répondre en produisant et en proposant une consultation populaire permettant d’aller à la rencontre de 500 000 personnes. C’est une initiative exigeante, elle demande de se tourner avec confiance vers notre peuple et nécessitera de grands efforts militants.

La décision appartient aux communistes

En se tournant vers celles et ceux qui se dressent contre la politique Hollande, en ouvrant avec eux le débat politique, en les invitant à prendre la main sur les échéances de 2017, nous sommes fidèles aux orientations qui nous ont conduit à créer le Front de gauche. C’est le mouvement populaire qui a en main les clés du changement. Beaucoup dépend des efforts politiques que nous allons consentir. Nous proposons des initiatives en faisant le pari de l’intelligence collective et populaire, dans une situation mouvante et incertaine. Les communistes devront se prononcer sur toutes les questions. Sur nos orientations à l’occasion du choix de la base commune début mai puis au congrès en juin. Sur la candidature et le choix du candidat ou de la candidate que nous soutiendrons ou présenterons le moment venu. Aucune de ces décisions n’échappera aux communistes, à leur vote. Encore une fois c’est la garantie à laquelle je veillerai, de l’efficacité et de l’unité de notre parti.

Pierre Laurent

19 mar. 2016

Ni passivité, ni sectarisme.

Il y a quelques temps, pour évoquer 2017 et les élections présidentielles et législatives, j'ai parlé d'une course contre la honte. Je ne sais pas si cette expression fait sens. « La honte de quoi ? » m'a répondu un internaute. Celle qui nous fait aller droit dans le mur, à un second tour coup de poing droite/extrême droite, à des législatives qui seront la réplique des dernières élections régionales et des partielles. Election après élection, le pire nous fait face. Le FN ici, l'AfD en Allemagne. La honte d'une passivité, de querelles qui dans quelques mois paraîtront bien byzantines, quand il nous faudra "choisir" le vainqueur de la primaire de droite opposé à Marine Le Pen au printemps 2017. Personne ne pourra alors dire, « nous n'avions pas mesuré », «on a sous-estimé le danger ». Certains disent aujourd'hui, « je me refuse à envisager un second tour Juppé/Le Pen et donc je me refuse à dire ce que serait mon vote ». Que ces choses là sont joliment dites. Ces belles âmes regardent ailleurs et certaines d'entre-elles – mais le mesurent-elles vraiment – sont embarquées dans ce processus électoral visant à tout verrouiller.

La recomposition politique en cours, qui peut avoir comme conséquence rapide et durable une atomisation de la gauche d'alternative, n'est pas une fable, ou un argument jouant sur les peurs pour imposer je ne sais quel ralliement à une union de la gauche qui évacuerait le bilan des cinq dernières années et l'indispensable rupture avec le libéralisme. Non, elle est une réalité incontournable qui nous oblige à agir, à faire le récit d'une réponse politique à la hauteur des enjeux, des menaces, mais aussi des ressources considérables dans la jeunesse, le monde du travail, la société, pour tout simplement gagner la course pour notre avenir.

Comment ? D'abord par un grand débat public, par un maillage partout sur le territoire de rencontres citoyennes pour faire monter, d'ici septembre, les exigences essentielles, ce qui ne sera pas négociable, ce qui fixera les contours du mandat populaire pour 2017 et après. On l'a vu dans le débat sur la déchéance de nationalité, on le mesure de nouveau, sous un autre échelle et des formes différentes, sur la loi travail, des forces citoyennes, politiques et sociales, intellectuelles, associatives convergent pour dire ce dont elles ne veulent plus. Elles disent aussi ce qu'elles veulent, elles en appellent à la fois à la dignité, à la solidarité, à des réponses nouvelles. Avec quelle traduction politique pour 2017 ?

Ces femmes et ces hommes qui aujourd'hui signent les pétitions en ligne, défilent dans les cortèges, reprennent goût au débat politique - sans qu'une défiance inégalée dans le monde politique ne soit évacuée pour autant- n'ont pas eu le même cheminement au cours des dernières années. On y compte certes les électeurs du Front de gauche – il aurait d'ailleurs fallu analyser sérieusement les attentes de cet électorat en 2012 -, des écologistes, mais aussi, et très certainement en plus grand nombre encore, des électrices et électeurs qui avait fait le choix du bulletin « François Hollande » au premier tour. Toutes et tous iront voter en 2017 à la présidentielle, et avec eux de très nombreux abstentionnistes des élections intermédiaires, jugeant que l'avenir de notre pays se joue à la présidentielle, jugeant aussi que c'est à ce moment là que l'on peut exprimer ce que l'on a sur le cœur. C'est eux la primaire ! Notre ambition est de les faire se rencontrer, d'échanger, et d'agir pour un socle politique porteur d'un projet de gauche et d'un choix de société, une majorité législative et une candidature commune à l'élection présidentielle.

L'idée d'une primaire du peuple de gauche et des écologistes est d'abord née du rejet de la politique actuelle et du clan gouvernemental. Elle ne peut donc en aucun cas servir par je ne sais quelle habilité politique ou jeu tacticien à relégitimer Hollande ou Valls. Voyez l'appel désespéré de JC Cambadélis demandant aux responsables socialistes de se situer vis à vis d'une candidature Hollande, il est d'abord le signe d'un affolement bien compréhensible de la direction du PS.

Pour ce qui nous concerne, nous démultiplions les contacts dans un arc de forces qui va du Front de gauche aux frondeurs socialistes, de syndicalistes aux initiateurs des appels aux primaires qui, très clairement, font le choix d'une alternative de gauche. C'est dans et espace politique, nourri des luttes et des mobilisations, que nous nous situons, sans sectarisme, car il s'agit de rassembler pour gagner.

Hier, le Parti de gauche a adressé une lettre ouverte pour nous proposer, avec d'autres partis de gauche, de « constituer ensemble un comité de liaison des forces politiques » pour soutenir « la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon ». On passe donc d'une « proposition » à discuter d'une candidature à une proposition à la soutenir...D'une main, une candidature « hors cadre de partis » - avec les injures publiques visant les dirigeants du Front de gauche et tout ce qui dégouline des réseaux sociaux -, de l'autre, la proposition d'un comité de liaison de ces mêmes forces politiques. Je constate par ailleurs, que cette lettre du PG est adressée à des forces de gauche. Je m'en réjouis tout en lisant sur le blog de campagne solo "JLM2017" que cette candidature ne s'adresse pas à la gauche mais au peuple. Tout cela mérite une clarification.

Nous sommes favorables à un processus réellement collectif, avec et pour le peuple, avec et pour un projet de gauche et de progrès, qui n'inscrive surtout pas sa démarche dans le cadre du présidentialisme de la 5° eme République. C'est pourquoi nous n'avons cessé, avec les forces du Front de gauche, dont le PG, et avec Jean-Luc, de défendre une 6 ème République qui était, et reste, l'un des piliers du programme "L'Humain d'abord". C'est maintenant qu'il faut engager une démarche nouvelle, et pas après la prochaine présidentielle. Il sera trop tard. C'est pourquoi nous continuerons à proposer à toutes et tous une dynamique qui refuse la passivité face aux dangers, et le sectarisme face aux possibles.

18 mar. 2016

Fête du Nouvel an kurde ; un rassemblement pour la paix et l'espoir.

Comme chaque année, la fête du Nouvel an kurde sera célébré le 21 mars à Diyarbakir, dans la capitale culturelle du Kurdistan de Turquie.

Cette fête du printemps et de la renaissance est le grand rendez-vous de l’affirmation culturelle et de l’exigence de reconnaissance des droits du peuple kurde.

Ce rassemblement politico-festif se déroule cette année dans le contexte très particulier de la guerre en Syrie au cours de laquelle les Kurdes ont IMG_2763.JPGremporté des victoires majeures contre Daesh et continuent d’installer au Rojava (Kurdistan du Sud), une expérience démocratique et laïque inédite dans la région.

Ce rassemblement a lieu aussi, au moment où en Turquie, RT Erdogan a engagé une sale guerre contre les populations civiles kurdes et plonge le pays tout entier dans une vague de répression qui vise tous ses opposants, tous les gens épris de démocratie, qu’ils soient journalistes, avocats, élus, universitaires, artistes, simples citoyens.

Toutefois, des résistances continuent de faire face à Erdogan. Ainsi dans la ville de Cizré, détruite à 80 % où ont été commis les crimes les plus sadiques à grande échelle, l’esprit du Newroz coûte que coûte retentira.

Invités par le HDP, (Parti démocratique des peuples), de nombreuses personnalités européennes se rendent sur place. Une délégation française composée d’associations et de partis politiques y participe. J’aurai l’honneur d’y représenter le PCF.

09 mar. 2016

Nous y voilà !

12800162_839890486119970_7746122349916467151_n.jpgLa jeunesse et les salariés viennent en ce 9 mars de prendre date. C'est très certainement une lame de fond qui se lève . Celle de la détermination à bien faire comprendre au pouvoir qu'il va devoir très vite retirer le projet de Loi El Khomri, celle de la dignité face au mépris, des exigences sociales et populaires contre cette politique pro-Medef.

Nous y voilà. Ce matin, le clan gouvernemental misait sur la pluie pour doucher les manifestations. Il vient de recevoir un déluge de cortèges partout CdHM3kkWEAM4VRl.jpgdans le pays, la marée d'une jeunesse qui refuse la précarité comme seul horizon. A Paris, de République à Nation, J'ai vu la belle et indispensable convergence avec les salariés.

Nous y voilà . C'est bien plus qu'une éclaircie. Les journées à venir seront celles d'une force qui peut totalement changer l'horizon des prochains mois. On le disait, ni renoncement, ni ralliement. Jouer collectif. Le rassemblement pour des victoires . Tous ensemble !

08 mar. 2016

La matinale sur RMC IINFO

Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti Communiste Français, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce mardi.

La grande consultation citoyenne pour 2017

Dans le prolongement du billet précédent, qui présentait la grande consultation citoyenne que le PCF va animer sur l'ensemble du territoire d'ici la fin de l'été, voici ce que nous proposons pour l'élection présidentielle.

« L'idée se répand selon laquelle il n'y aurait rien à attendre de 2017. Nous refusons résolument cette fatalité.

C'est pourquoi nous n’avons pas fermé la porte au processus de primaire de gauche. Cette démarche a ouvert le débat à gauche.

Dès les premiers mois du quinquennat, nous n'avons eu de cesse de réclamer l’ouverture d'un vrai débat. C'est plus que jamais une urgence. Nous voulons l'ouvrir dès aujourd'hui avec notre peuple. La démarche des primaires peut contribuer à la faire grandir. Raison de plus pour l'investir, avec nos propositions, et le faire progresser en le rendant populaire. Il peut être un moyen utile à ce que nous voulons : écarter l'impasse Hollande, Valls et consorts par l'émergence d'une autre voie à gauche, que nous voulons rendre incontournable. La réussite de ce processus passe par une démarche réellement collective, populaire et citoyenne. Le PCF est prêt à s'y engager.

Nous voulons qu’il réussisse pour faire émerger, pour l'élection présidentielle, une candidature commune qui bouscule la donne, qui relance une gauche de rupture avec la politique suivie depuis 2012, de rupture avec l'austérité et les recettes libérales. Et une gauche qui crée la surprise et gagne.

Nous proposons dans un premier temps l'élaboration citoyenne d'une plate- forme commune qui soit le socle d'entrée de la primaire pour les candidates et les candidats comme pour les électrices et électeurs.

Il s'agit pour nous d'assurer à cette primaire son caractère de gauche et écologiste. Nous proposons que ce cadre politique porte autour de 4 grands axes structurants :

- L'Europe :

C'est quoi être de gauche face aux enjeux européens ? Au moment où se négocient des traités comme le TAFTA, ou des traités sont mis en cause et doivent être renégociés comme l'espace Schengen, la pacte de stabilité, le TSCG, ainsi que la politique commune agricole, la politique de défense, la politique migratoire, la politique monétaire et le rôle de la BCE , les candidat-e- s à la primaire doivent annoncer leurs propositions pour rompre avec l'austérité et engager l'Union européenne dans une nouvelle voie de progrès social . Le pouvoir sur l'argent :

Être de gauche et écologiste n’est-ce pas se battre contre la dictature des marchés financiers et conquérir les pouvoirs citoyens sur l'argent au moment où une crise systémique est à l’œuvre, où les inégalités en France comme dans le monde sont de plus en plus criantes ? Qu'est-ce qu'une politique de gauche et écologique ? Pour la jeunesse, les femmes, les hommes, quelles politiques de réponse aux besoins vitaux : énergie, alimentation, eau, transport, santé, vieillissement ? Quelles politiques énergétiques ? Quelles politiques alimentaires ? Quelles réformes de la fiscalité mettre en place ? Selon quels principes ? Comment réorienter l'euro, les banques, le crédit pour les collectivités locales, les entreprises, les particuliers pour l'emploi et l'efficacité sociale ? Face à l'urgence environnementale, comment inventer une nouvelle économie plus solidaire, sociale et écologiste ?

- Démocratie politique et sociale :

C'est quoi être de gauche face à la crise de régime ? Devenir président-e de République c'est accéder au pouvoir institutionnel : quelles mesures seront réellement prises pour changer la Constitution ?

Comment le/la président-e de la République respectera ses engagements alors que depuis 1981, chaque président a reporté le droit de vote aux étrangers, et refuse de faire appliquer la proportionnelle ? Comment garantir aux citoyen-ne-s dans leurs lieux de vies et aux salarié-e-s sur leur lieu de travail plus de droits démocratiques, l'égalité entre les femmes et les hommes ?

- Changer la vie :

Et être de gauche pour changer la vie ? Manger à sa faim, se soigner, avoir un logement, un travail bien rémunéré, permettre à ses enfants d'accéder à une bonne éducation, vivre en sûreté et sécurité, semblent des objectifs simples, et pourtant... La situation s'est dégradée pour la très grande majorité des habitants de notre pays. Nos enfants vivront plus mal que leurs parents si rien n'est fait. Face à la casse de l'emploi, à la révolution numérique, un autre mode de sécurité sociale doit pouvoir s'inventer assurant dans une continuité de revenus et de droits, et sans passage par le chômage, une alternance entre emploi et formation, pour un nouvel emploi correctement rémunéré, durant toute la vie active, à chaque individu. Le triptyque républicain : Liberté-Égalité- Fraternité doit être réaffirmé dans les mots et dans les actes. Les candidat-e-s donneront leurs visions, leurs propositions et indiqueront leurs chantiers prioritaires.

Les candidats acceptant ce mandat populaire, débattraient publiquement en exposant leurs propositions pour le mettre en œuvre. Le choix des citoyens se porterait alors sur le candidat le mieux à même selon eux, par ses engagements, de réaliser ce mandat populaire. Dans ce cadre, le PCF pourrait alors présenter ou soutenir un-e candidat-e. Les communistes auront à le décider souverainement dans le cadre d'une consultation. De bout en bout, ce processus est celui du débat et d'un choix d'idées et de contenus et jamais un simple casting. Tout ce qui nourrirait le présidentialisme condamne à l'échec.

Nous ne voulons pas d'une bataille de personnes qui divise, nous voulons un débat d'idées qui unit.

Nous formulons ces propositions pour la réussite du processus de primaires de gauche et redonner espoir au pays.

Nous voulons que le maximum de celles et ceux qui souhaitent une candidature de gauche, en rupture avec ce qui a été fait depuis 2012, s'investissent dans ce processus collectif. Nous appelons l'ensemble des forces du Front de gauche à s'y engager. Notre action commune constitue un gage de réussite. Jean-Luc Mélenchon propose sa candidature. Nous souhaitons que la dynamique que nous engageons le conduise à s'inscrire dans un cadre collectif sans lequel une candidature en rupture avec l'austérité et le libéralisme, n'a aucune chance de succès.

Cette démarche que nous voulons impulser, les objectifs de rassemblement gagnant de toutes les forces de gauche et citoyennes que nous visons, participent à la construction d'une alternative à une candidature qui se fixerait l'objectif de poursuivre ce qui a été fait par le président de la République et le gouvernement depuis 2012.

Les communistes mesurent l'ampleur des efforts à accomplir : il s'agit en quelques mois de remobiliser dans une démarche nouvelle des millions de femmes et d'hommes aujourd'hui mis hors-jeu par la politique du président de la République et du gouvernement. Mais cet objectif est à la hauteur des enjeux. La société française va être secouée par des changements considérables. Tous les ingrédients d'une nouvelle crise financière, de plus grande ampleur encore que celle de 2008, sont en place et les économistes prédisent son déclenchement dans les trois années qui viennent. La crise climatique est un défi majeur auquel nous sommes aujourd'hui confrontés. Le travail, l'emploi sont secoués par la révolution numérique. Le danger terroriste est prégnant, nourri par les interventions armées extérieures et les déchirements de notre société. La souffrance démocratique exige une nouvelle ère de nos institutions. Ces défis appellent des solutions à contre-pied des logiques libérales et capitalistes.

Pour les communistes, 2017 ne peut pas être la reproduction des élections présidentielles précédentes. Et il s'agit dans les législatives de construire une majorité nouvelle pour mettre en œuvre une politique solidement ancrée à gauche. Et pour la présidentielle aboutir au choix citoyen d'une candidature capable de gagner, de porter un mandat populaire pour relever les défis auxquels la France, l'Europe et le monde sont confrontés. »

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