Hier matin, je m'étais engagé à soutenir les salariés de la structure "Agora pour l'emploi" à Pau qui regroupe trois associations. Il s'agit essentiellement de femmes qui effectuent un service d'aide à la personne, d’auxiliaires de vie. Un petit groupe se forme devant les locaux. Une salariée me glisse à l'oreille " je ne sais pas si nous allons être nombreuses, c'est très dur de venir, beaucoup vont avoir la trouille". Au final, une vingtaine de personnes sont là. Un premier succès. Elles échangent sur leurs conditions de travail, " on a pu l'occasion de se voir et d'en parler entre nous", sur la pénibilité, les horaires, le peu de reconnaissance. "Pourtant, on fait beaucoup de choses pour les personnes aidées, la toilette, les repas, le ménage, les actes administratifs, le lien avec les familles, les soignants.". L'une d'entre elles se convie : " je commence à 7H00, je termine à 21H00, avec beaucoup de kilomètres, de la fatigue...je n'en peu plus, tout ce que nous demandons est systématiquement refusé". J'ai exprimé ma solidarité et je me suis engagé à intervenir auprès des élus, des financeurs. Voilà un secteur présenté comme une activité d'avenir. Est-il possible de maintenir les personnels dans une telle précarité ? Article de la République des Pyrénées à lire ici.
Retour en mairie où je retrouve une jeune de 25 ans. Je ne peux pas donner son nom afin de ne pas compromettre son parcours. Comme pour Sittti et Liouize, c'est la galère pour elle. Une galère qui dure depuis 13 ans. Elle arrive alors avec sa famille d'un pays africain. Depuis, elle a fait toute sa scolarité en France, obtenu des diplômes, travaillé en crèche. Mais depuis 12 ans, elle reçoit chaque année une carte de séjour... d'un an. Ce qui ne lui permet pas de se projeter, de construire son avenir. Elle serre les dents et fait preuve de beaucoup de pudeur et de courage, " c'est dur mais j'ai appris à faire avec". Et dans une inversion des rôles, c'est elle qui m'encourage quand je lui dis que tout cela n'est pas à l'image des valeurs républicaines de notre pays : " allez Monsieur Dartigolles, il faut y croire, ça va aller". Nous avons fait la demande d'une carte de séjour de 10 ans.
Puis direction le campement de Roms à l'ancienne usine Bidegain dans le quartier Nord de Pau. Avec d'autres, les militants communistes sont très engagés dans la solidarité à ces familles. Les récents événements à Viry-Chatillon nous font crainte le pire ( expulsions d'une cinquantaines de Roms dont 17 enfants scolarisés). J'interviendrai lors du prochain conseil municipal pour rappeler les devoirs de l'Etat et l'urgente nécessité, localement, de trouver une solution pour assurer un hébergement digne à ces familles, et pour prendre un arrêté municipal "anti-expulsions". Un petit garçon s'approche. Il veut bien aller à l'école, la maman approuve " oui, oui, l'école". Sylvaine, très engagée au cours des dernières semaines dans l'aide aux familles, doit emmener un enfant à l'hôpital pour soigner des maux de ventre. En quelques pas, je retrouve un paysage urbain coutumier. Dans mon dos, c'est un véritable bidonville en plein cœur de Pau.
La campagne des présidentielles fait de nouveau sonner mon téléphone portable. Demande de l'AFP pour réagir à l'intervention de François Hollande. j'ai envie de parler des filles de l'agora de l'emploi, de la carte de séjour, des familles Roms de l'usine Bidegain...
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?





Quelques heures avant notre point presse, je reçois un coup de fil furax d'une journaliste de Sud-Ouest. Pour résumer, je n'avais pas à répondre à la République des Pyrénées. La sanction tombe : " demain, vous n'aurez qu'un écho dans Sud-Ouest". Et pan ! Voilà pourquoi, le lendemain, ni article, ni photo, couvrant le lancement de la campagne sur la gratuité. Nous ne devions pas répondre aux questions d'une journaliste de la concurrence (ce n'est pas le même groupe ?) alors que le sujet traité est celui que nous portons à l'échelle de ce territoire. Si Sud-Ouest avait pris l'initiative de ce dossier spécial, j'aurais bien évidemment eu la même réaction positive. Remarquons d'ailleurs que Sud-Ouest ne trouve rien à redire quand il bénéficie d'une exclusivité avec l'élue communiste à la culture sur la sauvegarde du patrimoine. Passons...






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