Olivier Dartigolles, porte-parole du pcf, élu municipal de Pau

Olivier Dartigolles

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21 juil. 2016

Fermeture ou privatisation : Alain Vidalies acte la mise à mort des trains de nuit.

Le secrétaire d’état aux transports, Alain Vidalies, a présenté ce matin les projets du gouvernement concernant les trains d'équilibre des territoires. Les trains de nuit sont au cœur de ce démantèlement du service public ferroviaire.

La décision de l’Etat est de ne plus financer l'exploitation de six lignes de trains de nuit. Quatre d’entre elles fermeront dès le 1er octobre 2016, si aucun opérateur privé ne veut les reprendre et que les régions concernées ne les financent pas. Pour justifier ce désengagement total, le secrétaire d’état au transport précise d’une part que ces lignes bénéficient d'offres alternatives de mobilité de bon niveau, et d’autre part que la fréquentation des trains de nuit est en baisse de 25% depuis 2011, et représente 25% du déficit des Trains d’équilibre des territoires.

imagesTET.jpgLes trains de nuit, comme les trains d’équilibre du territoire, véritables épine dorsale de l’aménagement du territoire, garants de l’égalité d’accès au transport et répondant à des enjeux écologiques d’avenir fixés lors de la COP21 à Paris en décembre 2015, sont pourtant un des éléments d’une nouvelle politique ferroviaire publique d’avenir.

Nous refusons le choix imposé par le gouvernement concernant les trains de nuit, à savoir la privatisation ou la disparition. Les trains de nuit, ce sont 6 lignes et près de 75 millions de recettes cumulées pour 1,2 millions de passagers et un taux d’occupation de 38 % à 54 %. Les transports ferroviaires de passagers comme de marchandises doivent redevenir de grands services publics développant un maillage national du territoire ambitieux et utile aux besoins des usagers et des populations.

En mai dernier, le Parti communiste français a présenté un manifeste pour un grand service public ferroviaire d’avenir, pour redonner au rail toute sa place. Des solutions d'avenir existent. La modernité, c'est le train, et non le développement des trajets en bus.

17 juil. 2016

Nous marchons sur un fil.

Après l'effroi et la douleur, la sidération et ces mots incapables d'exprimer l'indicible barbarie, comme après Charlie, le Bataclan et les terrasses de café ensanglantés, Magnanville, vient le temps de la connaissance et du discernement. Eteindre les chaînes d'infos et aller chercher ailleurs l'indispensable respiration pour ne pas quitter des yeux l'essentiel.

Le seul état d'urgence qui peut véritablement nous protéger est celui qui consistera à mettre "l'Etat islamique" hors d'état de nuire en faisant reculer, dans le monde et les têtes, ce qui a fait naître et grandir le monstre : les logiques de guerre et de chaos, les dominations, les injustices, un "ordre planétaire" pour toujours plus de désordres et d'inégalités. Sans oublier l'argent et le pétrole des terroristes...

Nous marchons sur un fil. L'objectif ultime des terroristes est un climat de guerre civile, en misant sur les peurs et les haines, les stigmatisations et les divisions. Minée par les inégalités et les frustrations, notre société, fracturée, est déjà si fragile qu'un basculement fatal peut se produire.

Nous marchons sur un fil avec des institutions à bout de souffle, une démocratie sociale et parlementaire piétinées, un horizon désastreux pour 2017, avec un improbable remake du casting de 2012, avec un FN répondant aux attentes des terroristes : le rejet en France des musulmans pour mieux alimenter la propagande djihadiste sur la persécution d'une partie de la population.

Nous marchons sur un fil avec une gauche appauvrie dans sa lecture du monde, dans sa capacité à faire le récit des ruptures et des transformations nécessaires pour un monde et une société réparés et apaisés.

Nous marchons sur un fil qu'il nous faut maintenir tendu, pour d'abord comprendre pour bien agir, pour conserver intacte une capacité de veille et d'action face aux dangers et aux régressions.

Que la prochaine Fête de l'Humanité soit le carrefour géant des solidarités et d'une fraternité que les terroristes et les incendiaires veulent rayer des cœurs humains.

30 juin 2016

Indignation après la condamnation des lanceurs d'alerte Antoine Deltour et Raphaël Halet

C’est avec indignation que nous avons appris aujourd’hui la condamnation du lanceur d’alerte français Antoine Deltour par la justice luxembourgeoise à 12 mois de prison avec sursis, et 1500€ d’amende.



Antoine Deltour avait permis par son action de lancer une réflexion d’envergure autour des pratiques de concurrences agressives et déloyales en halet_deltour.jpgmatière fiscale de plusieurs entreprises européennes.

Raphaël Halet, autre lanceur d’alerte est condamné à 9 mois de prison avec sursis et 1000€ d’amende, tandis que le journaliste Edouard Perrin est acquitté.



Le PCF apporte tout son soutien à Antoine Deltour et Raphaël Halet, et réaffirme avec force son engagement pour une meilleure justice fiscale au sein de l’Union Européenne.

26 juin 2016

Meeting de la Fête Offensive

Interview Fête Offensive

Peut-on encore parler de progrès social ?

Retrouvez ici mon intervention lors de la Fête Offensive dans le cadre du débat intitulé "Peut-on encore parler de progrès social ?"

25 juin 2016

BREXIT : L'ampleur du désaveu doit conduire à la refondation de l'UE

Déclaration de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, Président du PGE

Les citoyens britanniques viennent de voter à 51,9 % pour sortir de l'Union européenne. C'est un nouveau choc révélateur de l'ampleur du désaveu populaire vis à vis de l'UE néolibérale. Le temps est venu de refonder l'UE, de construire une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, tournée vers le progrès humain et la justice sociale. Cette nouvelle Union, et les nouveaux traités qu'elle appelle, doivent se construire sous le contrôle des peuples européens.

telechargementnnjkjk.jpgLe déni répété de cette exigence depuis le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen jusqu'au coup d’État financier contre la Grèce, a conduit l'Europe dans le jusqu'au-boutisme libéral et donné des ailes à l'extrême droite. La stratégie de David Cameron et l'accord passé avec la Commission européenne ciblant les populations immigrées ont libéré les forces les plus xénophobes au Royaume Uni. Même dans sa formation politique, Cameron a été pris à son propre jeu. Pour les classes populaires britanniques, le changement de gouvernement qui s'annonce à l'automne, encore plus à droite, veut dire plus d'austérité, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société. Nous refusons le faux dilemme imposé par les partisans de l'austérité, entre l'enfoncement dans la crise sociale et l'autoritarisme, ou la dislocation sur fond de rivalités nationalistes. Il y a une autre option, celle de la reprise en main du projet européen par la gauche. Une lutte cruciale pour notre avenir à tous est engagée entre la droite ultralibérale de Boris Johnson alliée à l’extrême droite de Marine Le Pen et l'alliance de toutes les forces de gauche et de progrès qui refusent l'austérité. Nos regards se tournent vers l'Espagne, ou le résultat de dimanche pourrait 13438786_1138243402888235_4588030853498502851_n.pngouvrir un espoir dans le camp progressiste. Les communistes français seront plus que jamais au côté des peuples, de la gauche du Royaume Uni et d'Irlande, dans la période complexe et instable qui s'ouvre. Avec nos alliés, nous travaillerons sans relâche à la construction de l'Europe du développement social, économique et écologique, respectueuse des souverainetés nationales.

La campagne présidentielle et législative de 2017 doit être l'occasion d'un grand débat populaire sur la politique de la France en Europe. Il n'y a rien à attendre de Hollande et Sarkozy qui ont été les artisans de l'Europe austéritaire. La question du changement politique à gauche, dans un grand pays comme le nôtre se pose plus que jamais. Le PCF entend y contribuer dès maintenant, en construisant un pacte d'engagements commun qui contienne une politique concrète et offensive pour un gouvernement de la France qui soit au combat sur la scène européenne.

19 juin 2016

« Le seul objectif de la primaire du PS est de sauver le soldat Hollande »

''__ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JULIA HAMLAOUI POUR L'HUMANITE__''

Le porte-parole du PCF estime que le « dispositif cadenassé jusque dans le calendrier » présenté par la direction du PS en vue de 2017 vise à « imposer coûte que coûte » la candidature du président de la République. En retour, le PCF entend « maintenir de manière résolue l’idée que rassembler la diversité à gauche pour une politique de transformation est la meilleure manière de ne pas se voir imposer un second tour droite-FN ».

Comment percevez-vous la décision du conseil national du PS finalement favorable à une primaire pour 2017 ?

Olivier Dartigolles C’est à nouveau l’illustration d’une direction du PS et d’un clan gouvernemental aux abois. Ils ont été obligés de reconnaître qu’existe la demande d’un autre chemin que celui pris par la politique actuelle. Mais leur réponse consiste à présenter, plus qu’une primaire, un dispositif non seulement interne au PS et à ses deux satellites (les radicaux et les écologistes pro-gouvernement, NDLR) mais aussi cadenassé, jusque dans le calendrier qui renvoie à janvier 2017, pour imposer coûte que coûte François Hollande à la prochaine présidentielle malgré le rejet, partout dans le pays, à la fois de sa politique et de sa candidature. La direction du PS a soufflé le froid puis le chaud, avant de tenter ce dispositif de la dernière chance dont le seul et unique objectif est de sauver le soldat Hollande.

L’annonce de cette primaire a-t-elle un impact sur la démarche de rassemblement que vous avez-vous-même engagée ?

Olivier Dartigolles Cela ne peut que nous encourager, après nos décisions de congrès, à une mise en mouvement très offensive ces prochaines semaines. Le PS avec son dispositif entend accréditer l’idée des « deux gauches irréconciliables » (avancée à plusieurs reprises par Manuel Valls, NDLR) selon laquelle l’une, défendant l’orientation politique actuelle, serait apte à gouverner tandis que l’autre, la gauche de transformation, aurait pour seul horizon de manifester et de s’opposer. Or nous, nous voulons une politique de transformation qui accède au pouvoir. C’est pourquoi nous lançons la rédaction d’un pacte d’engagements communs avec toutes les forces disponibles pour définir les grands axes d’une politique de gauche de transformation à vocation majoritaire. La clé de l’avenir réside dans l’intervention directe du peuple, des femmes et des hommes mobilisés contre la loi El Khomri , du bataillon des abstentionnistes, de celles et ceux qui ont partagé et animé l'espoir incarné par le Front de gauche, des électeurs de François Hollande du premier tour de 2012 qui cherchent une issue à gauche, des écologistes . Alors que Jean-Christophe Cambadélis a fait l’aveu coupable qu’il ne voulait pas d’une primaire citoyenne mais recroquevillée sur les sympathisants PS en annonçant une participation bien en deçà de celle de 2011, nous, nous voulons que le peuple s’empare pour de vrai des échéances de 2017, législatives et présidentielle. Nous allons nous investir fortement dans notre Grande consultation (un questionnaire que le PCF souhaite soumettre à 500 000 personnes et dont les réponses doivent contribuer à la rédaction du ‘’pacte d’engagements’’ pour 2017, NDLR), et dans l’organisation d’une votation citoyenne avec un haut niveau de participation une fois que ce pacte d’engagements communs sera couché sur le papier, début octobre.



Mais pour l’écriture de ce « pacte d’engagements communs » comme pour trouver une candidature de rassemblement, vous vous adressiez également aux frondeurs du PS…

Olivier Dartigolles Le PCF maintient de manière résolue l’idée que rassembler la diversité à gauche pour une politique de transformation est la meilleure manière de ne pas se voir imposer un second tour droite-FN. On ne lâchera rien sur l’interpellation et l’invitation au débat de l’ensemble des forces et des personnalités disponibles, selon nous, pour une gauche de transformation au pouvoir. Nous maintiendrons une main tendue et une proposition de construction politique commune. Nous l’avons dit au congrès nous voulons travailler avec les courants de transformation sociale et les courants réformistes s’ils sont d’accord pour une rupture avec la politique actuelle. Nous continuerons. Mais, encore une fois, ce qui semble être la clé de l’avenir, par delà cette interpellation, c’est l’intervention populaire et citoyenne. Si l’idée d’une convergence du plus grand nombre, de la diversité à gauche, autour de propositions en rupture avec la politique actuelle disparaissait totalement des radars, c’est à coup sûr un second tour droite-FN. Seul le PCF est en mesure aujourd'hui de parler et d'échanger avec des forces politiques et sociales très larges, comme on a su le faire avec les "lundis de gauche". On va donc avancer dans cette direction et le faire vraiment, partout dans le pays.

09 juin 2016

« Basta la grande coalition anti syndicalistes et anti grève !»

Entre Nicolas Sarkozy, Michel Sapin et Valérie Pécresse, un seul et même adversaire : la grève. Pour la présidente de région Île-de-France « une minorité prend en otage »; le ministre des Finances juge que « cette grève n'a plus aucun sens » ; Quant à l'ancien Président de la République, il dénonce « la tyrannie des minorités ». N'en jetez plus, la coupe est pleine.

Basta la grande coalition anti syndicalistes et anti grève ! Faut-il rappeler une nouvelle fois que le droit de grève est un droit txxxxxxxent.pngconstitutionnel. Vouloir la faire cesser, c'est fouler aux pieds un droit fondamental pour chaque salarié. Il existe un bon moyen d'en finir avec le conflit social en cours. Je demande à Valérie, Michel et Nicolas de se concentrer même s'il tient en peu de mots : « Retrait de la loi Travail ».

Toutes ces sirènes, ce tintamarre se fracasse sur une réalité, c'est le gouvernement, par son acharnement et sa surdité, qui bloque le pays.

06 juin 2016

Le PCF choisira son candidat après « une votation citoyenne ».


Le PCF choisira son candidat après « une... par publicsenat

La matinale de Public Sénat

J'étais ce matin l'invité de l'émission "Territoires d'infos", sur Public Sénat.


Invité : Olivier Dartigolles - Territoires d... par publicsenat

04 juin 2016

"Pour la France, un projet politique de gauche porté par un front populaire et citoyen"

Mon introduction, lors du 37ème congrès du PCF, pour introduire les débats concernant le texte intitulé "Pour la France, un projet politique de gauche porté par un front populaire et citoyen"

Le texte proposé a été enrichi et clarifié. La commission, qui a travaillé au cours des dernières semaines, et je tiens à remercier les camarades qui ont contribué à cette rédaction collective , a tenu compte de trois réalités :

− d'abord au regard du vote des communistes pour choisir le texte discuté et amendé pour notre Congrès national. Nous nous inscrivons avec une démarche politique qui a été engagée au cours des derniers mois.

− Puis du débat des communistes. Par delà les votes pour un texte, ou pour un autre, au delà de nos sensibilités, qui sont l'expression d'une indispensable vie démocratique, les échanges dans nos sections puis lors des conférences fédérales, les amendements et des vœux dont nous avons été saisis, ont exprimé une série d’attentes mais aussi des préoccupations. Cela c'est traduit par une demande de « clarification » sur le processus proposé pour 2017. Le texte proposé y répond. Notre volonté est le rassemblement des communistes.

− Le troisième élément est une indispensable réactualisation du texte, qui a été écrit au début de l'année. Il y aura peut être des choses à réfléchir et à inventer sur la manière d'élaborer une base commune. Nous étions alors dans un climat politique etIMG_0558.JPG idéologique dominé par la révision constitutionnelle et la déchéance de nationalité, les peurs et les haines. Aujourd'hui, et après l'avoir tant souhaité, c'est le grand retour de la question sociale et, avec elle, l'irruption de la jeunesse et du monde du travail. L'opposition à la loi El Khomri porte loin, car elle pose la question du choix de société, elle réveille les imaginaires et les possibles.

Avec la commission du texte, je vous propose, ce qui nous a semblé le plus efficace pour introduire notre débat, de pointer les questions essentielles et d'exposer, pour chacune d'entre elles, les enjeux du débat. Nous ne sommes pas aujourd'hui dans un travail classique d'amendements mais bien dans une discussion d'ordre politique. Et c'est très bien ainsi. Nous avons des décisions à prendre, pour, dès lundi, être en situation d'agir, nationalement et à l'échelle de nos territoires.

Le nouveau titre du document, « Pour la France, un projet politique de gauche porté par un Front populaire et citoyen » répond à une double attente : ne pas faire un arrêt sur image sur 2017, regarder plus loin et dire notre démarche, dans la durée, à différents niveaux et pas uniquement pour les élections de 2017.

De la ligne 3 à la ligne 74, nous décrivons, à grands traits, la période actuelle, faite de dangers, que nos derniers congrès avaient identifié, ils sont aujourd'hui non pas une perceptive inquiétante mais une réalité ; et des potentialités, des ressources inédites pour y faire face et prendre un autre chemin. Avec une situation politique et sociale très évolutive, et alors que nos débats préparatoires ont, au final, peu porté sur le préambule du texte, notre Congrès doit débattre de cette tension permanente, entre périls et possibles. Il est question dans les premiers paragraphes de la recomposition politique. Elle s'accélère. Avec une forte contradiction : « d'un coté, la rupture populaire à gauche avec le pouvoir Hollande-Valls paraît irréversible. De l'autre, ce désaveu massif et justifié débouchera inévitablement, si une nouvelle réponse progressiste et rassembleuse n'est pas construite, sur une victoire de la droite et de l'extrême-droite ».

Comment y répondre ? Nous appelons à un nouveau Front populaire et citoyen. Avec quelle démarche de rassemblement ? En s'appuyant sur l'expérience du Front de gauche. Ayons le débat. Un très grand nombre de communistes attendent de notre congrès ce travail, non pas d’introspection, mais tout simplement d'évaluation de la mise en œuvre de nos choix stratégiques. Le texte y invite (lignes 84 à 102). Avec l'ambition de disputer le leadership idéologique, politique et culturel à gauche, dès la création du Front de gauche, on a réussi à créer du commun, à faire se lever une espérance politique. Ce qui est vrai aussi, c'est que des débats n'ont cessé de traverser ce rassemblement : son rapport à la gauche et aux alliances à gauche, sa vocation majoritaire, ou encore son caractère collectif et démocratique qui n'a malheureusement pas été respecté.

Sans sous-estimé les difficultés, passées et présentes, nous restons attachés au Front de gauche. Prenons bien la mesure que, pour des millions, qu'ils aient voté pour nous ou pas, ce rassemblement a fait naître un immense espoir. On peut, légitimement, IMG_0549.JPGéprouvé un sentiment de peine et de gâchis. Le texte propose donc de ne renoncer à rien, et de redéployer la démarche du Front de gauche dans un mouvement plus large, plus populaire et plus citoyen.

Nous sommes dans un tournant de l'histoire politique de notre pays, c'est pourquoi notre Congrès est face à une grande responsabilité : proposer une initiative de rassemblement comme nous avons su le faire par le passé. Le nouveau Front populaire auquel nous appelons est à la fois fait de mobilisations sociales, de constructions citoyennes et d'alliances avec des courants transformateurs et réformistes prêts à agir avec nous pour un projet de transformation sociale. Ces trois niveaux nourrissent une seul et même démarche : rassembler les forces de gauche et de l'écologie politique , les forces syndicales, le mouvement social, le monde du travail et de la création pour ouvrir un chemin neuf d'espoir, pour écarter le danger de la droite et de l'extreme droite, et, comme nous l'indiquons à la ligne 111, pour construire une nouvelle politique. C'est une question politique importante, une ambition à vocation majoritaire ou pas car, selon la réponse donnée à cette question, nous ne sommes pas face aux mêmes enjeux.

Au cours des travaux préparatoires à notre Congrès, la nature de l'évolution de la social-démocratie et la manière dont nous y répondons à fait débat. Le texte traite de cette question (ligne 115 à la ligne 136). Face à la profondeur de la crise, le compromis social démocrate est de plus en plus impuissant. Les dirigeants socialistes français épousent les thèses libérales dominantes en Europe. Cela provoque une fracturation inédite au sein du PS. Ici est en jeu une recomposition politique qui ouvrirait la voie à de nouvelles coalitions politiques porteuses de projets de régressions sociales et démocratiques de grande ampleur. Dans de telles conditions, un nouveau dialogue est nécessaire et possible à gauche, on a pu le vérifier de manière précise avec « les lundis de gauche », ou encore avec le ralliement inédit de parlementaires socialistes au dépôt d'une motion de censure de gauche.

Nous réaffirmons ( ligne 137 à 178) que nous voulons d'abord une majorité populaire unie pour un nouveau projet en ouvrant une discussion politique avec notre peuple. « Que demande le peuple ? » Avec la grande consultation citoyenne, nous proposons d'écrire à des milliers de mains un mandat populaire pour 2017.

De la ligne 179 à 236, nous présentons les enjeux, décisifs, des prochaines élections législatives. Depuis 2012, le groupe de la gauche démocrate et républicaine a réalisé un travail considérable. Notre pays a besoin d'un Parlement fort. Nous avançons des propositions précises dans la perspectives d'une 6 eme République. Plus tôt les communistes s'engageront dans les législatives, plus nous réduirons le risque d'une présidentielle possiblement ravageuse pour notre peuple et la démocratie. Ces élections législatives sont donc un temps électoral déterminant pour l'existence nationale, pour le développement du PCF et sa stratégie de rassemblement. L'enjeu est également très important pour notre représentation au Sénat.

J'en viens à l'élection présidentielle qui a été la question la plus débattue et sur laquelle les demandes de clarification étaient les plus fortes et les plus exigeantes.

Nous proposons de faire grandir une démarche collective, populaire et citoyenne pour qu'un-e candidat-e de gauche puisse représenter les intérêts et les aspirations populaires dans cette échéance, qu'il puissent rassembler cette majorité de la gauche et du peuple en attente d'une perpective de changement profond et durable. C'est vrai, c'est un objectif politique de haut niveau. Comme le précise le texte, l'idée se répand selon laquelle il n'y aurait rien à attendre de la prochaine élection présidentielle. C'est une erreur politique sur fond de fatalisme.

Venons-en au processus que nous proposons et que nous pouvons engager dès le début de la semaine prochain si le congrès le décide.

1 eme étape : nous appelons au rassemblement dans un pacte d'engagements communs de toutes les forces populaires, sociales et politiques, qui veulent remettre la France sur la voie du progrès social et de la démocratie, et reconstruire pour cela une gauche porteuse d'espoir. Il unira les citoyens qui s'engageront dans sa construction et sur lequel pourra se construire une candidature commune à l'élection présidentielle. Ce pacte d'engagements communs pourrait être rédigé d'ici le mois d'octobre. Pour le construire, nous appelons au débat populaire partout dans le pays, comme nous le proposons avec la grande consultation citoyenne. Nous encourageons toutes les initiatives visant à favoriser l'implication citoyenne. Nous nous adresserons, si le congrès le décide, dès lundi, à toutes les forces politiques et sociales, tous les candidats déclarés susceptibles de converger pour un tel cap, à mettre les idées sur la table, à les confronter dans le débat public, car pour IMG_0512.JPGl'instant ce débat n'a pas été engagé et c'est bien là le problème.

Etape 2 : nous proposons que ce pacte d'engagements communs soit soumis à l'automne à une votation citoyenne nationale, il deviendra ainsi le mandat populaire pour 2017. Si nous le décidons, l'organisation de cette votation citoyenne sera un événement politique considérable qui redistribuera les cartes de la prochaine présidentielle en permettant, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, que les forces populaires et citoyennes s'en empare, refusant le statut qui leur est assigné : rester spectateurs d'écuries et de batailles d'égo. La votation citoyenne aurait une force, une efficacité bien plus importante qu'une réunion nationale des organisations qui soutiennent la démarche, que des Assises ou des Etats généraux. Nous ne sous estimons pas l'engagement politique et militant pour réussir cette votation citoyenne nationale. Oui, c'est un objectif politique très ambitieux mais c'est à cette échelle là, pas en decà, que ce situent aujourd'hui les enjeux.

Etape 3 : les forces engagées dans la rédaction de ce pacte et dans l'organisation de la votation citoyenne auraient alors la responsabilité de désigner un-e candidat-e commun à l'élection présidentielle. Si plusieurs candidats issus de ces forces sont disponibles, une primaire citoyenne ou toute autre forme de processus citoyen de désignation pourrait les départager. Si tel était le cas, le PCF est prêt à engager un communiste dans ce processus. Il ne faut pas oublier que l'idée de primaire – je dis idée car il en a était beaucoup question mais il n'y a pas aujourd'hui de primaires- est née au lendemain de la décision de F.Hollande d'inscrire la déchéance de nationalité dans la constitution. Les appels alors publiés exprimaient deux choses, d'abord un réquisitoire contre la politique de Hollande/Valls, que cela ne pouvait plus durer, et que F.Hollande ne pouvait pas être le candidat naturel de la gauche. C'est pour ces deux raisons que Hollande/Valls et la direction du PS ont tout fait pour empêcher tout processus collectif et citoyen et que, pour ce qui nous concerne, nous avons appelé au débat à gauche.

Je veux, pour conclure, parler du périmètre politique, qui a fait débat, et du calendrier, qui peut inquiéter.

La candidature de gauche pour l'élection présidentielle ne peut évidemment en aucun cas être celle de Francois Hollande ou un autre représentant de la même politique, soutenue, depuis 2012, par la direction du parti socialiste. Notre périmètre, c'est le rassemblement de toutes les composantes de la gauche – politique, syndicale et associative – qui veulent une alternative à la politique gouvernementale. C'est aussi pourquoi, nous regrettons les trop nombreuses candidatures annoncées à gauche. Nous regrettons les conditions dans lesquelles la candidature de Jean-Luc Mélenchon a été annoncée et nous continuons à l'inviter à s'inscrire dans cette conception collective.

Pour notre calendrier, nous proposons qu'une conférence nationale soit convoquée le 5 novembre, avec, à son ordre du jour, l'évaluation du processus engagé et l'évolution de la situation politique et sociale du pays, la décision concernant de soutenir ou de présenter une candidature dans le cadre d'un processus collectif. Si tel n'est pas le cas, les communistes auront à choisir quel-le candidate ils soutiendront ou ils présenteront. Cette conférence nationale sera aussi un temps fort de notre mobilisation pour les élections législatives.

Enfin, dans sa dernière partie, pour ce qui concerne le PCF, nous identifions 5 grandes questions, que nous jugeons essentielles, et sur lesquelles les forces qui veulent le changement devraient tout faire pour converger.

Ces derniers paragraphes du texte sont importants, ils répondent, et pour la première fois sous cette forme là, dans un texte de congrès, à une demande régulièrement exprimée par les communistes, et au delà de nos rangs. Que veut prioritairement le PCF, il ne s'agit pas – comme on pourra le faire sous la forme d'un programme plus complet pour les élections législatives, IMG_0545.JPGd'aller dans le détail des choses, mais bien d'exprimer, le plus directement et clairement possible – ce que nous ne faisons pas toujours, il faut bien se l'avouer - les grands axes de la politique que nous voulons pour notre pays.

Nous voulons une France qui s'engage dans la refondation démocratique de la République. Nous voulons une France qui s'engage dans la lutte pour éradiquer le chômage et sécuriser la vie quotidienne de nos concitoyens. Nous voulons une France qui s'engage dans la lutte contre la finance et pour une autre utilisation des richesses. Nous voulons une France qui s'engage dans un nouveau modèle de développement. Nous voulons une France qui s'engage dans la refondation démocratique et sociale de l'Europe.

On peut sur chacun de ces cinq grands axes ajouter des propositions, vouloir préciser et compléter. Nous avons eu cette discussion au sein de la commission du texte. Il serait raisonnable de s'en tenir à un texte dont la longueur ne soit pas doublée ou triplée. Si nous obtenons par les luttes, les mobilisations citoyennes et les urnes, ce que je viens de présenter cela serait déjà un sacré changement pour notre République, pour nos vie, pour faire faire société ensemble. Cela serait de puissants leviers pour s'engager vers d'autres conquêtes et renouer avec le récit émancipateur de la France.

Voilà, en étant aller vraiment à l'essentiel, ce que nous voulions présenter et préciser avant notre débat. Merci.

02 juin 2016

La matinale de RFI

J'étais ce matin l'invité de la matinale de RFI.

Retrouvez ici mon interview

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30 mai 2016

Gattaz : "Une stratégie d'injures et de calomnies pour ne plus parler du contenu de la loi"

Dans un entretien publié dans le journal "Le Monde", Pierre Gattaz se livre à une charge d'une brutalité inouïe contre le mouvement social en général et plus particulièrement contre les militants et responsables de la CGT mobilisés contre la loi El Khomri.

Il s'agit bien plus que d'une surenchère patronale.

Un tel niveau d'injures et de calomnies n'est pas qu'une simple "sortie de route" du président du MEDEF mais bel et bien une stratégie qui vise, dans un moment décisif, à ne plus parler du contenu d'un texte, rejeté par les salariés, le parlement et l'opinion publique.

Ne tombons pas dans ce piège. Plus que jamais, le patronat, Medef en tête, doit rendre des comptes sur l'utilisation des 40 milliards d'euros. Aprèsimagtre__thterges.jpg le Pin's, Gattaz a fait le pire en laissant les grands patrons et les actionnaires se gaver. Parlons d'une véritable sécurisation des parcours professionnels, de l'emploi, de la formation, des salaires.

Si Pierre Gattaz a basculé dans un registre de guerre civile, c'est qu'il voit bien que le "compromis historique" signé avec Hollande et le gouvernement est contesté de partout, qu'il il a provoqué d'immenses dégâts sociaux et économiques, qu'il est donc urgent d'allumer des contre-feux.

Il choisit la terre brûlée, nous préférons semer une espérance par la mobilisation et la construction d'une alternative de gauche à loi El Khomri.

26 mai 2016

"Cette loi ne créera pas d'emploi, elle facilite les licenciements !"

Loi travail/Valls : Le gouvernement, au bout d'une stratégie sans issue.

Alors que la France ne va pas mieux, que 70 % de la population ne veut pas de la Loi El Khomri, qu'elle juge que l'exécutif est responsable du blocage, que cette loi n'avait pas de majorité à l'assemblée nationale et qu'elle n'était pas dans le programme du candidat Hollande, Manuel Valls a renouvelé ce matin sur BFMTV et RMC les provocations, le dénigrement et les mensonges. Une telle attitude, marquée par un entêtement irresponsable, est devenue dangereuse.

exe_autocollant_loi_khomri_stc-pdf-image.jpgFrançois Hollande et le gouvernement Valls arrivent aujourd'hui au bout d'une stratégie sans issue. Alors que les arrêts de travail, dans de très nombreux secteurs d'activité, s'élargissent partout dans le pays, faisant la démonstration des mobilisations et des convergences très larges contre la loi El Khomri, comment ne pas admettre que seul le retrait de la loi peut y répondre ? Que cherche exactement le pouvoir ? Des solutions ou le blocage ?

Je serai pour le PCF présent à la manifestation contre la loi Travail cet après-midi à Paris, au point du PCF à l'angle Diderot/Daumesnil.

17 mai 2016

Belle semaine sociale, d'actions, de mobilisations et de manifestations partout dans le pays.

Alors que F.Hollande vient de déclarer sur les ondes d'Europe 1, qu'il « ne céderai pas » - si, c'est comme face à la finance, Merkel ou Gattaz, on n'a pas trop de soucis à se faire…-, nous pouvons franchir dans les prochains jours une nouvelle étape dans le rapport de force pour obtenir le retrait de la loi El Khomri. Les convergences les plus unitaires et rassembleuses doivent continuer à dire ce dont elles ne veulent pas tout en cheminant vers un socle commun de propositions.

Il existe un débat sur cette question. Pour nous, il ne s'agit en rien d'un socle à minima, d'une sorte de plus petit dénominateur commun en attendant des jours meilleurs. Non, au regard de la gravité de la situation politique actuelle, des évolutions possibles si une espérance de gauche images.pngn'arrive pas à s'incarner rapidement dans une dynamique populaire et citoyenne, il nous faut travailler avec les forces disponibles, elles sont nombreuses, à des mesures d'urgences pour une rupture avec la politique actuelle. Les choses bougent et dans la bonne direction. Nous en avions perçu les possibles en organisant les « lundis de gauche », l'arc des signataires de la motion de censure de gauche est une nouvelle illustration de ce qui peut être gagné.

A un an de la prochaine présidentielle, le temps n'est pas à choisir un candidat, à « l'aider » pour l'un comme j'ai pu le lire ce week-end, où à l'escorter jusqu'au sommet pour un autre. Nous ne manquons pas de talents, qu'ils se mettent tous au service du « commun » en retournant le miroir vers les visages de celles et ceux, innombrables, qui se désespèrent de la politique, du système, de la gauche, et dont les cris, ou les silences, doivent être placés au cœur de nos préoccupations, pour 2017 et après. Comme le rappelle Pierre Laurent dans un entretien publié ce jour dans les colonnes du journal « L'Humanité », « ce qui se joue n'est pas seulement la bataille de 2017, c'est la reconstruction durable d'une gauche capable de maintenir en France un projet majoritaire de transformation sociale ».

On peut y arriver si nous avons le courage et l'audace de mettre dans les mains des citoyens le choix de définir les mesures d'urgences et de désigner, lors d'une primaire citoyenne, la candidature commune de gauche, alternative à Hollande et au clan gouvernemental, pour la prochaine imagsdzcds.jpgélection présidentielle. Avec, pour les communistes, la nécessité d'être pleinement dans les luttes et les mobilisations, de proposer à grande échelle la consultation citoyenne, de préparer les prochaines législatives, de réussir, début juin, un congrès dont toutes les questions en débat ramènent, invariablement, à ce que nous voulons pour la France et la gauche, pour la société et la politique. Au sein de la gauche politique et sociale, associative et culturelle, place idées neuves et aux débats ; aux controverses à partir du moment où elles ne livrent pas notre pays à un second tour Droite/Fn ; à ce qui peut se discuter, se partager et se traduire en bien commun sans assécher notre diversité, nos sensibilités.

A en croire des enquêtes récentes, la primaire de droite qui va se tenir dans un climat d'extrême-droitisation pourrait intéresser un français sur 4. Plus de la moitié des participants à cette consultation à l'automne ne serait pas des électeurs des « Républicains ». Ce week-end, Marine le Pen, Phillippot et Ménard n'ont pas cessé de se féliciter de l'annulation du concert de Black M à Verdun. Avec, cela est inacceptable pour notre République, le silence des plus hautes autorités de l'Etat et de simples commentaires de la ministre de la Culture et du secrétaire d’État aux anciens combattants. Face à une telle campagne de haine, il ne faut pas se contenter de convoquer les grands principes mais les faire appliquer sans la moindre hésitation, sans avoir la main qui tremble.

Est-il possible, un tant soit peu, de ne pas perdre de vue ces réalités. Non pas pour en rabattre sur notre ambition à gauche mais bien au contraire pour que cette ambition apparaisse dans les prochains semaines comme le chemin d'un espoir à porter de main. Pour de vrai.telecharuiytgement.jpg

Les paroles prophétiques qui, en délaissant le réel, sa complexité et ses contradictions, donnent l'illusion d'une évidence qui ne peut pas même être discutée, ne sont pas au niveau de la situation. J'ai aussi quelque souvenirs précis sur des récits qui n'eurent pas l’épilogue annoncé. L'heure est donc aux agoras qui peuvent débattre de tout, au mouvement social et citoyen qui doit prendre en main notre avenir, à l'irruption de la jeunesse qui exprime la manière dont elle voit les choses. Ce bouillonnement est une formidable chance. C'est à la fois fragile et puissant. En tout cas, il nous oblige.

08 mai 2016

"Ça nous concerne"

Retrouvez-moi, lundi en direct sur LCI à partir de 9H15 pour parler de la rémunération des grands patrons. J'aurai l'occasion d'y présenter la proposition de loi concernant l’encadrement des rémunérations des dirigeants des grandes entreprises que nous avons déposé à l'Assemblée nationale par l'intermédiaire du groupe des député(e)s du Front de gauche et qui sera discutée le jeudi 26 mai 2016.

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04 mai 2016

Quelles protections doit-on garantir aux lanceurs d'alerte ?

Tribune libre publiée dans l'Humanité

La succession des affaires financières (UBS, Luxleaks, Panama Papers) a fait la lumière sur les pratiques de la finance internationale et sur les mécanismes favorisant l'évasion et la fraude fiscale. Cette transparence, qui défend la démocratie et l’intérêt général face à l'influence grandissante de lobbyistes et d’intérêts particuliers repose pour beaucoup sur le courage de lanceurs d'alerte. Comment les protéger ? D'abordtelechargement__1_dfsz.jpg par des campagnes de sensibilisation et de vérité auprès de l'opinion publique. Aujourd'hui, le lanceur d'alerte Antoine Deltour et le journaliste Edouard Perrin, à l'origine des révélations sur le scandale fiscal « Luxleaks », ne devraient pas être dans le box des accusés. Ce sont plutôt Jean-Claude Junker, les dirigeants des multinationales qui ont échappé à l'impôt, voire le fisc luxembourgeois, qui devraient, à notre sens être interrogés.

Actuellement, la loi au niveau hexagonal et européen n'est pas suffisante pour protéger les lanceurs d'alerte. Pire, de récentes décisions vont dans la mauvaise direction avec des conséquences rendant plus difficile encore la situation des lanceurs d'alerte. Il n'est absolument pas possible, si ce n'est au nom d'un cynisme total, d'exprimer ici une solidarité aux lanceurs d'alerte, comme viennent de le faire François Hollande et Michel Sapin, et, au Parlement européen, de voter avec la droite et le FN la Directive sur le Secret des Affaires, que la France devra inscrire d'ici deux ans dans sa législation nationale. Seuls les députés du Front de gauche et les écologistes s'y sont opposés.

D’autre part, comment comprendre que cette directive fixe un cadre très large à la nature des informations protégées par le Secret des Affaires, alors que la protection des lanceurs d’alerte prévue par la loi Sapin II ne prend en compte que les alertes de corruption et de fraude fiscale ? Quid des futurs lanceurs d’alerte de type Bisphenol A ou Mediator ? Ou encore des alertes sur des faits qui ne sont pas immédiatement illégaux, telechargementsgzzr.jpgmais qui sont éthiquement graves, à l’image de ceux dénoncés par Antoine Deltour ? Comment avoir la certitude que cette loi ne viendra pas s’ajouter au mille-feuille de lois existantes, inopérantes car parcellaires dans leur champ d’application ? Comme l’exprimait encore le sénateur Eric Bocquet dans ces pages : « la loi actuelle ne suffit pas à protéger les lanceurs d’alerte de l’administration fiscale ». Commençons par être exemplaire au niveau des services de l'administration fiscale, ce qui est loin d'être le cas au regard de témoignages qui posent de sérieux problèmes.

Dans Sapin II, le ministre de la Justice évoque aussi un « portail unique » de recueil des alertes, qui serait assuré par l’Agence de prévention et de détection de la corruption, également créée par cette loi et placée sous l’autorité de Bercy et du Garde des Sceaux. Pourquoi ne pas aller plus loin en créant une autorité spécifique, complètement indépendante? Quels sont les délais envisagés dans cette proposition ? Nous pensons que cette instance doit voir le jour le plus rapidement possible, dotée de moyens humains (juristes, experts,…) et financiers adéquats.

Face aux pressions que les lanceurs d'alerte subissent, avec des conséquences souvent dramatiques pour leur vie professionnelle et privée, il faut réellement assurer leur protection afin qu'ils ne se retrouvent pas seul face à des puissances financières qui, elles, mobilisent beaucoup de rtrrr.jpgmoyens pour les faire taire. Comment assurer leur anonymat quand les conditions l'exigent ? Comment les accompagner quand une procédure judiciaire est engagée contre eux ? Ne faut-il pas réfléchir à une protection équivalente aux journalistes et aux avocats ? Avec quel soutien financier pour les défendre et quelle indemnisation en cas de licenciement ? Voilà les premières questions à traiter. Je crois aussi nécessaire d'envisager une infraction spécifique pour celles et ceux qui s'attaquent aux lanceurs d'alerte, qui les menacent.

Les discussions autour de la loi Sapin 2 ne peuvent pas être un simple ravalement de façade après tant de tergiversations et d'absence de courage politique face aux « ennemis » de la finance qui, chaque année, réalisent le « casse du siècle » avec 60 à 80 milliards d'euros d'évasion fiscale en France et 1000 milliards à l'échelle de l'Union européenne.

03 mai 2016

Pourquoi j'ai signé " l'appel des cent" ?

Pour une raison qui tient en peu de mots : redonner de l'espoir.

Par delà les débats et les controverses, nécessaires et légitimes, et parfois même les outrances et les polémiques, dont on se passerait bien mais elles font partie du climat de la période, entre chiens et loups, l'essentiel est de toujours garder une vision claire sur le sens d'un engagement, son actualité. Et le faire à partir du réel, des obstacles mais aussi des formidables ressources qui existent dans notre société.

Dans le prolongement de la base commune proposée par le Conseil national dans le cadre de la préparation du prochain congrès du PCF, de la résolution adoptée lors du dernier CN et des initiatives prises par Pierre Laurent au cours des dernières semaines - je pense notamment à la série des débats "les lundis de gauche" -, il n'y a pas de question plus urgente, plus brûlante, que celle qui consiste à travailler à une alternative de gauche et de progrès avec un mouvement populaire qui fait irruption dans le paysage verrouillé de 2017.

A l'heure où le mouvement social, la jeunesse et les "Nuit debout" convergent pour obtenir le retrait de la loi El Khomri, nous mesurons chaque jour combien de nouveaux types de rassemblements, à vocation majoritaire, large, pour faire émerger et grandir des alternatives collectives pour 2017 et après sont à portée de main.

Tout cela se cherche, tâtonne et c'est bien normal. Nous ne sommes pas pressés. Nous ne voulons pas de raccourcis, pas de "soutien" à ce qui n'a pas fait l'objet d'une écoute, d'une prise en considération, d'une co-élaboration entre force citoyennes, syndicales, associatives, culturelles et politiques.

Avec cet " Appel des cent" , nous pouvons très certainement commencer à faire le récit de ce que nous voulons et aussi commencer à le bâtir, pas à pas. Car, voyez-vous, nous avons le temps des premières rencontres et des débats, de la mise en commun pour des mesures d'urgences sociales, écologiques et démocratiques. Ce socle commun, ces exigences essentielles, seront notre bien commun pour les élections présidentielles et législatives, pour construire des candidatures d'unité, des campagnes réellement collectives et partagées.

Le texte de notre appel précise : " il y a débat à gauche sur la stratégie à l'orée des présidentielles, certains pensent que la réponse est dans une primaire, d'autres font d'autres choix : candidature déclarée, recherches de modalités nouvelles... Quel que soit le choix de chacun aujourd'hui il faut de toutes façons un démarche qui permette de débattre largement et sans exclusive et de sortir du fonctionnement politique habituel afin de mettre dans le paysage des propositions d'urgence susceptibles de rassembler et de redonner de l'espoir". Oui, redonner de l'espoir et donc se dire qu'il peut y avoir un autre horizon qu'un second tour droite/FN et qu'une atomisation de l'idée de gauche et de progrès.

Dans les prochains jours, les initiateurs de l'appel se retrouveront pour y travailler.

Vous pouvez nous rejoindre ici : 1ermaiappeldes100@gmail.com

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