Ce matin, à 5H08 ( heure de Paris ), Troy Davis a été exécuté par injection létale dans la prison de Jackson en Géorgie. Juste avant son exécution, après 20 ans passés dans le couloir de la mort, Troy Davis a répété qu'il n'était pour rien dans la mort du policier pour laquelle il a été condamné en 1991. "Ce n'était pas de ma faute, je n'avais pas d'arme...à ceux qui s'apprêtent à m'ôter la vie, que Dieu vous bénisse", sont ces derniers mots.

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Lors du procès, neuf témoins l'avaient désigné comme l'auteur du coup de feu mais l'arme du crime n'avait jamais été retrouvée et aucune empreinte digitale ou ADN n'avait été relevée. Depuis, sept témoins s'étaient rétractés, certains d'entre eux affirmant avoir été incités par la police à accuser Troy Davis.

Je voulais vous parler de la Fête de l'Huma, des sénatoriales, du prochain village de l'emploi. Dans un prochain billet.

Je pense ce matin à la chanson de Billie Holiday, Strange fruit. Toujours la même étrange et amère récolte.

    Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
       Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
       Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
       Étrange fruit suspendu aux peupliers.
       Scène pastorale du valeureux Sud,
       Les yeux exorbités et la bouche tordue,
       Parfum de magnolia doux et frais,
       Puis l'odeur soudaine de chair brûlée !
       C'est un fruit que les corbeaux cueillent,
       rassemblé par la pluie, aspiré par le vent,
       Pourri par le soleil, laché par les arbres,
       C'est là une étrange et amère récolte.'