Belle formule hier soir, très tard, sur Direct 8, de Philippe Labro en conclusion d'un débat, au demeurant assez terne, sur la première année de Barack Obama à la maison blanche : « il est passé du principe du désir au principe de réalité ». Voilà bien des choses exprimées en peu de mots.
En vogue depuis quelques temps, le principe d'obscénité. Avez-vous entendu dimanche soir la sortie de Guéant, secrétaire général en chef de la Sarkozie, au sujet des trois journalistes de France 3 enlevés en Afghanistan ? A vomir. Le scoop "ne devait pas être recherché à tout prix", soulignant les risques que les deux journalistes en reportage pour France 3 font courir aux soldats français lancés à leur recherche. Claude Guéant a par ailleurs évoqué le coût "tout à fait considérable" de l'opération. Délicat.
Les journaliste sont indignés. C'est un nouveau coup de pression du pouvoir sur les médias. Restez à votre place. Tenez-vous tranquille. Pour Guéant, un bon journaliste est un journaliste « embarqué ». Mais notre pays est celui de Voltaire et du père Hugo. Celui où des esprits rebelles, frondeurs, mettront toujours la plume dans la plaie, pour reprendre la belle formule d'Albert Londres, là ou çà fait mal. Et donc pas forcement en suivant les consignes du commandement militaire en Afghanistan, du service presse de l'Élysée ici. Ma réaction sur le sujet.

Coup de tél en début de matinée de l'Afp pour réagir aux déclarations de Martine Aubry sur la réforme des retraites. Que dit-elle ? "D'aller vers les 61, 62 ans". Dans la roue de la première secrétaire, Valls demande un "pacte national" entre pouvoir et opposition. Je réagis en pointant la question des financements et notamment la mise à contribution des revenus financiers des entreprises en fonction de leur politique en matière d'emplois et d'investissement. Cela permettrait de financer les 70 à 100 milliards d'euros manquant. A la lecture des réactions des uns et des autres, le sujet semble tabou. Tiens, Michel Rocard le retour, il salue "le courage d'Aubry". La plume. La plaie.
Demain, conférence de presse avec Gérard Boulanger à Pau et Bayonne. Jeudi, lancement à Mauléon du collectif départemental "Service public" du Front de gauche en Aquitaine avec des agents de la poste, de la fonction publique hospitalière, des gaziers électriciens. Vendredi, grosse journée mission locale avec l'ensemble de l'équipe et réunion de travail sur l'Eisti avec des camarades qui suivent avec sérieux l'évolution du dossier. Les élus communistes de l'agglomération de Pau ont obtenu des informations précises. Je regrette au passage le manque de transparence. Il va y avoir un peu de sport car les éléments aujourd'hui en ma possession nécessitent une franche explication. Affaire à suivre. La encore. La plume. La plaie.

