Le lancement de la campagne des communistes pour la gratuité des bus sur Pau et son agglomération a bénéficié d'une belle couverture médiatique. Tant mieux. Mais il est vrai, comme nous avons pu le mesurer lors des premiers échanges avec les usagers et la population, cette question soulève bien des enjeux.
Les lecteurs du journal Sud-Ouest n'auront pas eu la possibilité d'approfondir le sujet. Pour quelles raisons précises ? Explication.
Mercredi, en début de matinée, nous convoquons la conférence de presse du lendemain, consacrée à la présentation et au lancement de la campagne gratuité. En fin de matinée, la République des Pyrénées nous informe qu'elle proposera le lendemain une double page sur le sujet avec un traitement "pour" ou "contre". On me demande si j'accepte de défendre le "pour". Ok.
Jeudi 19, le jour de notre conférence de presse, je prends connaissance de l'édition de "la Rép". Intéressant. La "une " du journal titre sur " Bus gratuits à Pau : possible ou pas". Le dossier permet de présenter les arguments des pro-gratuité et de ceux qui s'y opposent - ou tout au moins qui expriment des réserves -, tout en proposant un éclairage sur l'expérience menée sur l'agglomération d'Aubagne.
Quelques heures avant notre point presse, je reçois un coup de fil furax d'une journaliste de Sud-Ouest. Pour résumer, je n'avais pas à répondre à la République des Pyrénées. La sanction tombe : " demain, vous n'aurez qu'un écho dans Sud-Ouest". Et pan ! Voilà pourquoi, le lendemain, ni article, ni photo, couvrant le lancement de la campagne sur la gratuité. Nous ne devions pas répondre aux questions d'une journaliste de la concurrence (ce n'est pas le même groupe ?) alors que le sujet traité est celui que nous portons à l'échelle de ce territoire. Si Sud-Ouest avait pris l'initiative de ce dossier spécial, j'aurais bien évidemment eu la même réaction positive. Remarquons d'ailleurs que Sud-Ouest ne trouve rien à redire quand il bénéficie d'une exclusivité avec l'élue communiste à la culture sur la sauvegarde du patrimoine. Passons...
Je ne suis pas d'un tempérament à me laisser impressionner. Que Sud-Ouest fasse comme bon lui semble. Que les agacements d'une journaliste privent les lecteurs de Sud-Ouest d'une actualité, cela est regrettable. Inquiétant même pour le droit à l'information. Que les rapports entre les rédactions de "La République" et de "Sud-ouest" puissent être parfois tendus, cela n'est pas mon affaire. Après la conférence de presse, nous nous sommes rendus avec Hélène Lérou et Michel Aguer, conseillers communautaires, pour exprimer notre indignation et rencontrer la journaliste pour trouver une solution. Elle n'était pas présente. Nous avons indiqué que nos portables resteraient allumés. Que nous nous tenions à la disposition de Sud-Ouest. Silence radio. J'ai quelques années d'expérience avec les médias ( localement et nationalement), je n'ai pas souvenir d'un tel mépris.
De très nombreuses personnes ont été choquées. " Olivier, pourquoi il n'y a rien dans Sud-Ouest, vous ne les aviez pas invités à la conférence de presse ?". J'explique. Une fois, deux fois, trois fois. Calmement. Ce billet donne à toutes et tous les raisons d'une quasi-censure.

Quant à moi, après avoir pris du temps pour essayer de trouver une solution avec la rédaction en chef de Sud-Ouest, sans succès, et après mûre réflexion et discussions avec les camarades les plus impliqués dans l'animation de cette action, ma décision est prise. Il n'est pas acceptable d'être traité ainsi. Notre proposition sur la gratuité des bus a fait l'objet d'une gros travail militant, sur l'argumentaire ( travaillé avec des universiatires, des élus, des techniciens), les supports de campagne ( carte pétition, site internet). L'édition locale de Sud-Ouest ne veut pas de notre expression sur la gratuité - qu'elle présente d'ailleurs en off comme un simple "coup", ils se passeront donc aujourd'hui, et à l'avenir, de nos commentaires, de l'actualité de notre campagne, des initiatives sur cette bataille. En tout cas, personnellement, je ne répondrai à aucune question de Sud-Ouest sur la gratuité. Et le plus sommairement possible sur tout le reste. De toute manière, Sud-Ouest avait pris l'habitude de n'être présent qu'une fois sur deux. Je sais ce que cela va m'en coûter car nous rentrons dans une période électorale mais je m'en moque. Il faut aussi savoir dire "ça suffit". Basta.
à lire, belle présentation par Rosa Llorens du film "Les nouveaux chiens de garde".
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